Un secret, la vérité blanche, le juste et l’eau bleue

Share

Dimanche 12 août, sur le tertre de la Fontadam, face à la fontaine antique de ce lieu où les druides partagèrent en passion leurs connaissances cénobitiques avec de jeunes mystiques venu d’orient qui ne se revendiquaient pas encore comme chrétien, un 5e poème a été “Lâché” en pleine nature. Il s’agit du poème : Le secret, les ailes et le trône. L’installation liée en 7 sur une structure bambouesque de mes lignes versifiées provoqua un double écho, deux flux de pensées et d’émotions. Le génie commun du lieu fît pour offrande l’évocation malicieuse et douce d’autres rives. Tout d’abord un éclair de mémoire pour Israel-Neguev, cet autre désert et pourtant source d’inspirations en Amour, espoir et paix… Et puis… encore une fois… le Québec ! Cette terre, outre-Atlantique, où vivent tant de cousins  partis de notre Poitou-Charentes envouté.

Dés les premier instants de notre présence, sur les pierres plus que millénaires de la fontaine de FontAdam, l’être rouge nous fît son salut habituel, toujours dans la grâce et le tendre merveilleux. Mais cette fois, une autre manifestation a suscité nôtre éveil. Un juste s’est révélé à nous. Parfaitement incarné dans ce monde du haut de ses 9O ans et 6 mois.

Le père d’André Naffrechoux a été élevé au rang de Juste Parmi les Nations. Toute la famille faisait œuvre de résistance ! Dans le bouquet de souvenirs qui habite aujourd’hui son existence, il en est un dont André est fiers plus que tout autres : « Vous savez quoi… ? Pendant presque un an, sous l’occupation, j’ai fait manger à la même table : un déserteur de l’armée allemande et un couple pourchassé par la police en raison des lois antisémites » Souvenir magnifique d’une flamme, espoir en l’humanité, chancelante mais toujours résistante aux attaques terribles de l’obscurité et du néant, presque totale, en ces temps ou comme aujourd’hui, la brutalité absurde seul est libre et régne de part le monde.

André Naffrechoux porte un nom devenu rare en Poitou-Charentes. Presque tous les membres de sa famille se sont embarqués, en plusieurs flux, pour devenir boucanier sur les rives du Saint-Laurent en ce Québec dont les fleurs de lys si poitevines resplendissent de l’autre côté de l’Atlantique…

André Naffrechoux porte donc un nom fort de sens et d’Histoire, il est de part sa famille, le propriétaire du site de la fontaine de FontAdam et cela depuis 1913. Son père, puis lui-même en sont les très honorables gardiens. De cette fontaine guérisseuse que les picto-charentais savent « feuseuse de miracles » André admire, tous les jours à l’heure de la « Vraie Croix », le miracle de sérénité.  Il sait comment il faut en boire et comment il faut s’y baigner, d’où vient précisément cette eau, de quel plateau du Massif-central… et surtout que la fameuse légende, dont les ermites ici les premiers témoignèrent, narre un fait parfaitement exacte : les eaux de cette fontaine, sous certains auspices, deviennent bleues comme le ciel, pour s’unir au blanc, vérité de nos vies.

Le secret, les ailes et le trône

Share

 

Tu es l’œil de Dieu qui te regarde

Le visage de l’autre est en toi

L’espace ne contient pas, il prend garde

Ce qui se préserve s’élève en émoi

 

Alors cherche le sens de ce qui t’apparait

A pleine main, en désire de toi et démêle

Les écheveaux, l’âpre songe du réveil et l’injuste

Et tisse à tire d’aile, et brode tes effets

 

Tous les anges sont à toi, il n’y a pas de trône sans roi

C’est là l’ultime secret de la joie

 

 

La pleine lune et la Grâce des 5 Arbres ou le message des rives fatidiques, écho du Québec aux Deux-Sévres

Share

Le 2 août, la pleine lune s’est levée rouge dans un ciel d’une semaine dédiée à Sainte Marthe. Le 29 juillet, le poème “La grâce des 5 Arbres” venait d’être lâché en pleine nature sur le site de la fontaine Bouillonnante d’Exoudun (79). Sainte Marthe patronne des lavandières est la figure tutélaire de l’esprit christianisé qui règne sur ce lieu. Sainte Marthe est, bibliquement, la sœur de Lazare celui qui fut ramené d’entre les morts par Jeshoua. La nature psychique de la fontaine et du lavoir contigu d’Exoudun est liée à l’arc en ciel d’une myriade de fontaines sacrées.

En chemin pour observer la conversation entre mon poème et l’astre d’argent, un oiseau ensorcelé de douleur et déterminé s’est littéralement jeté sous mes roues. Mon pied écrasant le frein, le coup de volant brusque, n’ont rien pu faire contre la noirceur de son désespoir. Impressionné par le sombre néant de l’oiseau, je fis demi-tour dans l’espoir de l’improbable compréhension de ce que j’ai parfaitement perçu comme un suicide. L’oiseau au sol, son corps malmené, n’était plus qu’enveloppe vilainement déchiquetée. Pour qu’aucun autre de nos véhicules barbares ne vienne déchirer plus encore les chairs inertes de cet être, je déposais dans les fourrés cette dépouille en offrande aux passagers de la nuit pour qu’ils s’en nourrissent. Je recherchais alentour une réponse à l’acte fatidique, incrédule mais plein d’attente pour ce qui me semblait être vain d’espérer. Le sens de la mort de cet animal allait-il se manifester à mes yeux ? Me laissant tendrement guidé par l’instinct, je balayais du regard l’autre bas côté de la route, l’autre rive du chemin… La pleine lune se levait et éclaira d’une luminescence rouge et bleue le corps d’un autre oiseau mort. Cette triste vision s’accompagna d’une nouvelle certitude. Cet autre oiseau mort était la compagne morte de celui qui venait de se suicider fou de chagrin sous les roues de mon véhicule… Troublé mais presque amusé par cette pensée gentiment fleur bleue, je repris la route de la Fontaine Bouillonnante du village envouté d’Exoudun.

Installé face à « La grâce des Cinq arbres » lâché en pleine nature en ce site lieu de cultes millénaires, je dînais seul à l’écoute de la nuit tombante et observais la montée de l’astre nocturne. Sirius, Venus, la Grande Ours, entamèrent leur ronde. Le grand Dragon du ciel, de son œil luminescent salua l’installation bambouesque nouée de cinq. Mes pensées se tournèrent à nouveau vers l’oiseau et son acte, interdit des interdits, véritable crime contre l’esprit, le suicide. Je recommandais alors son âme aux puissances de la vie pour que dans la roue des flammes d’amour son retour à sa mission abandonnée se fasse avec plus de bonheur, d’harmonie et de compréhension de l’ordre cosmique. Car l’amour dans le manque n’est pas l’amour. L’amour dans le manque est ténèbres. Seul l’amour en plénitude est lumière. J’en vins à penser à ce que serait ma réaction si je devais perdre dans ce plan d’existence ma compagne en amour humain. Il me fut alors soudainement clair que le sens même de mon existence s’effondrerai. Car avec elle j’ai le bonheur de vivre dans l’amour créateur et sauveur… Et immédiatement je pris conscience que cet amour dans lequel je vis par son partage n’avait pour source ni le moi, ni l’autre mais était un immense fleuve d’éternité.

La lune pleine, inspiratrice de bleu et rousse, guidait doucement mes pensées. Sans mots, en tendre passion, elle me rappelait au juste : «  La nature des flots du fleuve éternel permet de n’être plus obnubilé par les objets qu’il révèle, et invite à les aborder à partir de l’espace infini qui les contient…

De l’autre côté de l’Atlantique de très proches amis, au même moment galactique, faisaient une expérience très similaire, dans une modulation très violente et très sauvage. Plongée dans les eaux du Saint-Laurent, Anne cru en son dernier instant et que tout ce qu’elle croyait être la vie était promis au néant. Sur la berge Pablo s’acheminait vers des émotions similaires à celle de l’oiseau croisé sur la route d’Exoudun presque persuadé de la disparition de sa compagne… Heureusement ce n’était qu’un éveil foudre provocateur de catharsis, sans doute initiatique,… Et c’est là, presque une autre histoire ! Tout deux continuent à être en présence dans ce plan d’existence, la menace a reculée pour disparaître totalement.

De la conversation de la lune avec mon poème « La Grâce des 5 arbres » lâché en pleine nature, noué de 5 dans l’installation bambouesque, je retiens que les liens ténus qui m’unissent à mes amis par le jeu des fontaines et sources sacrées, exoudantes et souterraines, d’Exoudun au Québec, veulent nous parler d’un miracle… au moins celui de la vie !

 

 

 

La pleine lune face à la « Grâce des 5 Arbres »

Ou le message des rives fatidiques en écho du Québec aux Deux-Sévres

 

 

 

 

“La grâce des 5 arbres” à la fontaine bouillonnante d’Exoudun

Share

Dimanche 29 juillet nous avons procédé au 3e lâché de poème devant la fontaine bouillonnante d’Exoudun (79).

« La Grâce des 5 Arbres » fait actuellement connaissance du Tertre qui jouxte ce site. La fontaine et le lavoir contigu, sis dans ce village particulièrement envouté des D.S., certaines nuits de pleine lune, reçoivent la visite de lavandières nocturnes… Rappelons que la patronne des lavandières est sainte Marthe et qu’elle se fête le 29 juillet. Les visites des lavandières nocturnes, les nuits de pleine lune, sont aujourd’hui largement ignorées de tous, mais les traces sont encore lumineuses et palpables. Pour bien le marteler en Aether, l’être rouge qui virevolta lors du précédent lâché de poème à la carrière Saint Martin (79), s’est aussi manifesté ce 29 juillet en glosant par sa luminescence pourpre, généreuse et bienveillante… Car la fontaine bouillonnante d’Exoudun appartient à un réseau d’une myriade de fontaines, qui par leur égrégore se font écho, bien au-delà de notre très magique Poitou-Charentes ! Leur chemin de douce bruyance liquide, en miroir de la voie lactée et à ses passions herculéennes, a pour modèle et maître mythologique la fontaine de Barenton… C’est chose connu et irréfutable depuis les évocations merveilleuses de Hersart de la Villemarqué.

 

Soulignons trois fois que la fontaine illustre de la gaste forêt de Brocéliande n’est réellement visible que par les authentiques chercheurs.

Nul ne peut ignorer que le bouillonnement des eaux sont des messages de l’au-delà et les lavandières nocturnes en sont les parfaites prophétesses. A Barenton, en Brocéliande, Myrdhin l’enseigna à la plus digne de toutes… Personnellement, la fontaine de Barenton fut le lieu où le professeur Christian-Joseph Guyonvarc’h me fit l’honneur de quelques récits… Aussi ce “lâché de poème” est humblement dédié à sa mémoire, lui qui est décédé en janvier de cette année.

 

 

 

 

Le temps et l’horizon

Share

Fixer l’horizon dans l’attente de ce qui doit advenir

N’offre que l’attente, et l’aveuglement, et la fatigue, et l’amertume

L’espoir sera vaincu et la faim ne fera que grandir

Seul le juste présent offre les ailes de la belle fortune

Et ces ailes là luisent de paix, car elles portent le commencement

Elles portent aussi la fin, elles donnent le cercle du moulin

Ces ailes là portent au soleil et au droit, et à la force, et aux chants

Elles font de l’être l’ami de Melchisédeck et lui en offre le vin