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L’œuvre Messianique est en partie dévoilée par l’étude kabbalistique des mots hébreux Mashiac’h (מָשִׁיחַ) et Miriam (מִרְיָם). Une « vision » sémiologique qui invite Juifs et chrétiens à la conscience de la nécessite de l’équilibre du féminin et du masculin (en toute chose !). Un équilibre et un processus, clé de la réparation « finale » du monde, porte de la parousie1.
La science de la combinaison des lettres hébraïques, ou Hokhmat HaTsirouf2, postule que l’univers n’est pas composé de matière inerte, mais d’un agencement complexe de fréquences vibratoires représentées par les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu et leurs combinaisons vocalisées grâce aux voyelles (voir : Le chant des voyelles hébraïques…) Dans cette veritable architecture cosmogonique que forme l’hébreu sacré, les mots ne sont pas de simples vecteurs de communication, mais des « réservoirs » d’énergie divine, souvent comparés à des « boîtes à bijoux » qu’il convient d’ouvrir avec une précision chirurgicale pour en libérée en conscience la lumière. Cette petite étude, se propose d’examiner la corrélation sémiologique et ontologique entre deux piliers du salut dans la tradition mystique juive et chrétienne : le mot Messie (Mashiach – מָשִׁיחַ) et le nom Myriam/Marie (Myriam – מִרְיָם). À travers l’étude de la lettre Mem (מ), des racines étymologiques et des équations numériques de la Gematria, cette analyse invite à penser le féminin comme un réceptacle de la lumière rédemptrice et comment cela s’articulent pour œuvrer à la réparation du monde (Tikkun Olam). Une geste spirituelle et initiatique ou le « féminin » reprend sa fonction primordiale en altérité avec le masculin.
Pour appréhender la relation entre Mashiach et Miriam, il est impératif de comprendre que la Kabbale, particulièrement celle issue de l’école de Safed au XVIe siècle, traite les lettres comme les « chromosomes » de l’Homme Primordial (Adam Kadmon). La langue hébraïque est considérée comme le Lashon HaKodesh, la « Langue Sainte et Sacré », dont chaque graphie, chaque Chorégraphie pourrait-on dire, chaque valeur numérique et chaque positionnement dans un mot modifie, potentiellement la structure de la réalité.
L’école de Safed fut le théâtre d’un renouveau exceptionnel porté par des figures majeures telles que Moïse Cordovero (le Ramak), Salomon Alkabetz, Isaac Louria (le Ari Zal) et Haym Vital. Avant la révolution lourianique, Moïse Cordovero a magistralement synthétisée de manière encyclopédique la pensée kabbalistique, notamment à travers ses commentaires sur le Zohar, posant les jalons d’une compréhension élargie et structurelle des émanations divines. Dans ce système, le Messie n’est pas seulement une figure historique attendue, mais une fonction de la lumière divine qui doit être « accouchée et nommée en toutes éléments du réel » par un réceptacle adéquat. Myriam, dont le nom contient les clés de la matrice et de l’eau, incarne, au sens mystique, ce réceptacle crucial.
La lettre Mem (מ) occupe une place centrale dans notre petite étude, apparaissant au début du mot Mashiach (מָשִׁיחַ) et aux deux extrémités du nom Miriam (מִרְיָם). En tant que treizième lettre de l’alphabet, elle symbolise les « eaux », la fluidité, et parfois l’intelligence divine (Mayim) et possède une valeur numérique de 40.
La morphologie graphique de la lettre Mem présente une particularité dans l’alphabet hébreu en temps que lettre finale : elle possède donc deux formes distinctes. Le Mem ouvert (מ), utilisé au début ou au milieu des mots, et le Mem fermé ou final (ם), utilisé exclusivement à la fin. Cette dualité graphique est le support d’une distinction théologique profonde :
Dans le nom de Myriam (מִרְיָם), l’alternance entre le Mem ouvert initial et le Mem fermé final suggère un cycle complet. Elle est à la fois l’ouverture vers le processus de délivrance et le scellé qui protège la sainteté du germe messianique. Le Mem initial de Mashiach (מָשִׁיחַ) indique que le Messie est celui qui vient enseigner la Torah, mais sa mission ultime est de « briser » le sceau du Mem fermé pour révéler les secrets de la création à l’humanité entière.
La valeur numérique 40 associée au Mem n’est pas fortuite dans la théologie du salut. Elle marque les étapes de transition et de purification nécessaires à toute naissance spirituelle.
Myriam est sémiologiquement liée à cette dimension de « 40 ». Elle est la « Matrice » qui porte le processus de transformation. Le Talmud souligne que le Mem symbolise le ventre de la femme et sa capacité naturelle à donner la vie, mais aussi à opérer un retour vers l’intérieur pour se transformer et permettre la réparation du « monde ». Le Messie, en tant que fruit de cette transformation, est celui qui émerge après l’accomplissement de ces « quarante » cycles.
Le nom Miriam dérive de la racine Mar (מַר), signifiant « amertume ». Cette amertume renvoie Théologiquement et mytho-historiquement à la dureté de l’esclavage en Égypte, Comme évoqué dans le Bible. Dans une perspective mystique, elle représente le Din (la Rigueur), l’état de contraction nécessaire avant l’expansion de la lumière.
La fonction de Myriam dans « la geste » messianique est d’opérer un « adoucissement des rigueurs » (Hamtakat HaDinim Beshorsham)3. L’amertume (Mar) n’est pas une fin en soi, mais le catalyseur de la soif spirituelle, par l’épreuve. En hébreu, la racine Mar peut être « transmutée ». Si l’on ajoute un Aleph (symbole de l’unité divine) au centre de Mar, on obtient Maor (מָאוֹר – Strong 03974), le luminaire… Cette transformation est aussi illustrée dans l’épisode biblique des eaux de Mara (Ex. 15; 23-25), où Moïse, sur l’ordre divin, jette un morceau de bois dans des eaux amères pour les rendre douces. Myriam préfigure cette capacité de conversion. Elle est, rappelons le, La prophétesse qui chante au bord de la Mer Rouge, transformant la terreur du jugement (La menace de l’extermination par l’armée de Pharaon) en chant de la victoire (une fois la traversée faite). Sans le chant de Myriam, poétiquement, nous pouvons penser que la manifestation du Messie, l’acte de traversée de la Mer des Joncs et l’émotion sidérante de terreur, serait restée bloquée dans la rigueur…Toute la question est de savoir comment faire monter ce chant !
On retrouve dans le Zohar, le récit traditionnel associant Myriam à un puits miraculeux qui accompagnait les Israélites dans le désert. Ce puits est analysé comme le réceptacle de la Sefira Yesod (le Fondement) dans son aspect masculin, ou plus précisément comme la Sefira Malchut (le Royaume/Féminin) qui reçoit (accouplement) et redistribue les eaux de la sagesse du « fondement/masculin »(Yesod). Le texte précise que ce puits a été creusé par les patriarches (les Sefirot de Chesed, Gevurah, Tiferet), mais que c’est Myriam qui en ouvre et permet l’accès.
Ce puits est une « source scellée » qui remonte des profondeurs de la terre pour nourrir les âmes. Il représente la capacité de l’individu à puiser dans son inconscient et dans les textes sacrés pour en faire jaillir une « Eau Vivante ».
Le Messie, dont Myriam permet la manisfestation est aussi décrit comme celui qui fera à boire l’humanité à ce puits et qui en fera déborder les eaux pour irriguer le monde entier de la connaissance de Dieu.
Le mot Mashiach (מָשִׁיחַ) désigne celui qui est oint d’huile sacrée. Dans la symbolique kabbalistique, l’huile représente la Sefirah Chokhmah (Sagesse), car elle est l’essence qui imprègne tout, mais reste distincte, inaccessible en sa totalité. Le Messie est l’être dont la structure spirituelle est totalement alignée avec cette sagesse primordiale et ontologique à la création.
L’une des mises en cohérences les plus saisissante de la connexion entre Myriam et le Messie réside dans l’analyse numérique de leurs noms. La Guematria permet de révéler des parentés ontologiques entre des concepts apparemment distincts.
Cette relation mathématique Miriam + Chayim = Mashiach suggère que Miriam est la structure, le vase, qui attend de recevoir la « Vie Divine » pour manifester le Messie. Sans le réceptacle de Myriam (le féminin, l’âme humaine, la préparation), la Vie reste abstraite et non manifestée. À l’inverse, sans la Vie (Chayim), Myriam reste dans l’amertume du Mar. L’union des deux engendre la rédemption, le retour, l’engendrement de la pureté…
Une autre correspondance célèbre en Gematria lie Mashiach (358) au mot Nachash (נָחָשׁ), le serpent, qui totalise également 358. Cette égalité numérique indique que le Messie est la force spirituelle destinée à rectifier le péché originel induit par le serpent dans le jardin d’Éden. Là où le serpent a apporté la mort en séparant les mondes par le mensonge, le Messie apporte l’unité en reliant le haut et le bas et en rétablissant la vérité. Ce qui est, par ailleurs, à mettre en parallèle avec le fameux « 666 » de l’Apocalypse de saint Jean et les 42 générations d’Abraham au Messie évoquées dans Matthieu 1; 1-17.
Cette mission de rectification s’opère par la transformation du poison en remède. Le Messie « monte » sur le serpent, utilisant la même énergie (358) pour élever la matière vers l’esprit. Dans ce processus, Myriam joue le rôle de la « nouvelle Éve », la matrice purifiée qui ne succombe pas à la séduction du serpent, permettant ainsi à la lignée messianique de se déployer dans la sainteté.
Un mystère scriptural majeur lie le Messie au Mem fermé de manière explicite. Dans le livre d’Isaïe (9;6), le prophète annonce la naissance d’un enfant royal : « Pour l’accroissement (Le-marbeh) de l’empire et pour une paix sans fin ». En hébreu, le mot Le-marbeh (לםרבה) est écrit de façon anormale : le Mem au milieu du mot est un Mem fermé (ם), alors qu’il devrait être ouvert.
Le Talmud (Sanhédrin 94a) rapporte que Dieu voulait faire du roi Ézéchias le Messie de son temps. Cependant, parce qu’Ézéchias n’a pas chanté de louanges après la destruction de l’armée de Sennachérib, la « porte » de la rédemption s’est refermée. Le Mem fermé au milieu de Le-marbeh témoignerait de cette occasion manquée.
D’un point de vue kabbalistique, ce Mem scellé représente l’exil de la présence divine (Shekhinah). La rédemption est « enfermée » dans la matière. Le rôle de Myriam est précisément d’initier le mouvement inverse. Par son nom qui se termine par un Mem fermé, elle « contient » le secret. Par son chant et son action, elle travaille à la réouverture de ce Mem pour que le Messie puisse apparaître. D’une certaine manière pour libérer le messie en chacun de nous nous devons révéler la grandeur de Myriam.
Le Messie est appelé celui qui « brise les barrières » (Parats – פָּרַץ -Strong 06555). Sa fonction est de transformer le Mem fermé (ם) en un canal de lumière. Dans les textes de Safed, on explique que le Messie enseignera une « nouvelle Torah », non pas une loi différente, mais une compréhension si profonde qu’elle semblera nouvelle. Il s’agit de la Torah du Mem fermé, la connaissance des mondes supérieurs qui était jusqu’alors inaccessible à l’intellect humain. Cette même « idée » de réalisation pour la fin des temps peut-être mise en analogie avec ses sept sceaux évoqués dans l’Apocalypse 6.1-17, 8.1-5.
L’essor de la Kabbale à Safed au XVIe siècle n’était pas seulement un renouveau académique, mais une réponse spirituelle à la souffrance de l’exil après l’expulsion d’Espagne. Les kabbalistes de cette époque ont développé des techniques précises pour hâter la venue du Messie et entrer en résilience, en s’appuyant sur la figure de Myriam/Marie. Ces techniques ont été l’objet d’études importantes sur le plan pratique, dans les milieux marranes…
Isaac Louria a enseigné que chaque acte humain, chaque mot prononcé avec intention (Kavanah) et dans un processus de « metaphorisation » précis, peut libérer une étincelle de sainteté prisonnière des « coquilles » (Kelippot). Ce processus est intrinsèquement lié à l’eau du puits de Myriam. De même que l’on lave un objet pour en retirer la souillure, l’étude de la Kabbale purifie l’âme et permet aux étincelles de remonter vers leur source divine. Moïse Cordovero soulignait déjà l’importance de cette purification éthique et mystique comme préalable indispensable à la réception de la Sagesse de Vérité.
Contrairement aux époques antérieures où la Kabbale était gardée secrète, l’école de Safed a proclamé qu’il était désormais « obligatoire et urgent » de diffuser ces enseignements. L’idée est que la connaissance des mystères du Mem fermé est un vecteur fondamental de la rédemption. En étudiant les rapports entre Mashiach et Miriam, l’élève ne fait pas qu’apprendre une théorie ; il participe activement au retour de la Jérusalem céleste sur terre, qui est décrit par les mystiques comme un corps de chair et de souffle imprégné de divinité…
Cette structure révèle que le Messie n’est pas une entité séparée de nous, mais l’état de complétude que nous atteignons lorsque notre « Miriam » intérieure est fécondée par la « Vie » divine.
L’exploration sémiologique du rapport entre Mashiach et Miriam nous rappel que les textes sacrés sont des organismes vivants, dotés d’une profondeur inépuisable. La Kabbale nous enseigne que nous vivons dans un monde de voiles, et que chaque lettre hébraïque et ses vocalisation par le mystère des voyelles est une fenêtre ouverte sur l’éternité. Cependant, la manipulation de ces énergies et la compréhension de ces mystères ne peuvent se faire sans un guide expérimenté.
Comme l’indiquait Rabbi Haym Vital dans son Livre des « Visions », la transmission de la Kabbale repose sur une lignée ininterrompue de maîtres et d’élèves4. La complexité des permutations de lettres, les nuances des valeurs numériques et la profondeur des commentaires de maîtres de la kabbale, exigent une étude méthodique et accompagnée.
Les enseignements présentés ici ne sont qu’un aperçu de la richesse de la tradition ésotérique juive. Ils éclairent aussi la tradition chrétienne, en révélant certains aspects « opératifs ». Pour celui qui souhaite passer de la simple curiosité intellectuelle à une véritable transformation intérieure, l’engagement dans un parcours d’étude est l’étape suivante naturelle. C’est par la parole vivante, le dialogue et l’étude rigoureuse que les « eaux de Myriam » peuvent véritablement commencer à couler dans le cœur de l’étudiant.
La porte du Mem est ouverte. Pour ceux qui entendent l’appel de la sagesse ancienne et désirent explorer ces territoires de lumière, le moment est venu de prendre contact pour entamer ce voyage vers les profondeurs de l’âme et les secrets de la Création. L’étude n’est pas une fin en soi, mais le moyen par lequel nous réparons nos propres vases brisés et participons à l’avènement d’un monde de paix et de clarté.
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Le Psaume 51, traditionnellement intitulé Miserere (Aie pitié), constitue l’un des sommets de la littérature sapientiale et pénitentielle de la Bible hébraïque. Il est classiquement attribué au Roi David, exprimant sa profonde repentance à la suite de l’affaire impliquant Bath-Shéba et Urie, le Hittite. Ce psaume sert de modèle paradigmatique pour la confession individuelle et la supplique pour la purification spirituelle face à une transgression grave. Il met en en prières et pensées la souffrance existentielle qui est au cœur de chaque existence humaine.
L’objet de cette analyse est le verset 19 ( nous utilisons la traduction française Segond:17). Ce verset met en lumière la nature du sacrifice jugé véritablement agréable à Dieu. Le texte hébreu se lit comme suit :
זִבְחֵי אֱלֹהִים, רוּחַ נִשְׁבָּרָה:לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה, אֱלֹהִים, לֹא תִבְזֶה
La traduction littérale et exégétique courante est : « Les sacrifices [agréables] à Dieu, c’est un esprit contrit ; un cœur brisé et abattu, Ô Dieu, tu ne le dédaignes point ». L’unité lexicale spécifique sur laquelle nous allons nous attarder est וְנִדְכֶּה (wə-niḏ-keh), qui fait partie du syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה (lēḇ-nišbār wəniḏkeh), traduisant l’état de contrition la plus profonde.
Le verset 19 ne peut être compris sans référence au verset précédent (v. 18/16), où le psalmiste déclare que Dieu ne prend point plaisir aux sacrifices matériels : « Car tu ne souhaites pas de sacrifices, je les offrirais volontiers ; tu ne prends point plaisir aux holocaustes ». Ce constat prépare l’affirmation centrale du verset 19 : l’unique offrande valable est un état spirituel radicalement transformé. L’expression cruciale pour qualifier l’acceptation divine de cet état est lō’ ṯiḇzeh (ne pas dédaigner). L’usage de cette expression négative forte, signifiant que Dieu ne rejette absolument pas ce cœur brisé, positionne cet état d’humiliation interne non seulement comme une alternative aux sacrifices rituels, mais comme leur substitut théologiquement supérieur. Ce principe établit une inversion de la valeur rituelle : ce qui est foncièrement imparfait et abattu (וְנִדְכֶּה/niḏkeh) est élevé au rang de sainteté (קָדוֹשׁ/qadosh), devenant ainsi l’essence de la théologie prophétique de la repentance. La miséricorde divine ne réside pas dans la perfection de l’offrande extérieure, mais dans l’état de soumission et d’écrasement de l’ego par l’humilité qu’elle représente.
L’analyse de וְנִדְכֶּה (wə-niḏ-keh) nécessite une décomposition morphologique précise pour isoler la racine verbale et déterminer sa fonction grammaticale dans le contexte du Psaume 51:19.
L’aspect formelle et linguistique :
Le mot se divise en deux composantes distinctes. La première est la conjonction de coordination וְ (Wə-), signifiant « et ». Cette conjonction relie l’unité lexicale analysée à l’adjectif verbal nishbar (brisé), soulignant l’accumulation et l’intensité de l’état de contrition requis pour l’offrande spirituelle.
La seconde composante est le radical נִדְכֶּה (niḏ-keh). L’analyse de ce radical mène directement à l’identification de sa racine (Šoreš) et de son Binyan (conjugaison).
L’Identification de la Racine Šoreš et du Binyan
La structure consonantique fondamentale de נִדְכֶּה est ד.כ.ה (D-K-H). Cette séquence trilittère correspond à la racine verbale דָּכָה (dāḵâ), répertoriée sous le numéro Strong :1794. Le sens fondamental de cette racine est « écraser », « briser », ou « déprimer ».
Quant à la conjugaison, le préfixe נִ (Ni-) est le marqueur morphologique du Binyan Niphal. La forme niḏ-keh est identifiée comme un Participe Passif (ou un adjectif verbal) au Masculin Singulier, s’accordant avec le sujet lēḇ (לֵב/cœur).
La Fonction Sémantique du Niphal.
L’utilisation du Binyan (construction) Niphal dans ce contexte est d’une importance théologique majeure. Le Niphal exprime l’action subie par le sujet (passif) ou un état résultant de cette action. Par conséquent, niḏ-keh signifie « celui qui a été écrasé » ou « celui qui est abattu ». Le choix du participe passif est un choix linguistique lourd de conséquences théologiques. Si le terme avait été conjugué dans une forme active, il aurait pu suggérer que l’être humain est l’artisan volontaire de sa propre contrition. Le passif (Niphal) confirme, au contraire, que cet état de brisure spirituelle est le résultat subi d’une puissance supérieure, souvent interprétée comme la discipline et ce qu’elle provoque de transformation, de jugement, ou de mise à l’épreuve de Dieu. La contrition exprimée par niḏkeh n’est donc pas une initiative humaine d’auto-flagellation, mais une réponse et une reconnaissance de l’incapacité humaine à se relever de ses propres forces, signalant l’acceptation de la nécessité de la grâce divine. Le suppliant reconnaît qu’il est en état d’échec total (comme les os brisés mentionnés au verset 8 et 10 du même Psaume).
Tableau 1 : Analyse Morphologique Détaillée de Wə-niḏ-keh (וְנִדְכֶּה)
| Composant Hébreu | Translittération | Racine | Binyan / Fonction | Signification Structurelle | Référence Strong’s |
| וְ | Wə- | N/A | Conjonction (Waw) | « Et » | N/A |
| נִדְכֶּה | Niḏ-keh | ד.כ.ה | Niphal (Participe M. Sg.) | « Celui qui a été broyé » / « Abattu » | 1794 |
L’étude lexicographique révèle que la racine דָּכָה (dāḵâ, H1794) est au centre de l’idée d’écrasement ou d’oppression dans l’hébreu biblique.
La Racine et son Champ Sémantique
La racine דָּכָה (H1794) possède un sens fondamental très physique : « écraser », « piler » ou « réduire en morceaux ». Il est important de noter l’existence d’une racine quasi-identique et interchangeablement utilisée en hébreu biblique : דָּכָא (Strong : 1792, verbe Lamed-Aleph). Les spécialistes confirment que la base דָּכָה est « liée et identique en signification à la base : דכא ». L’analyse complète du concept de contrition (l’état nidkeh) doit donc intégrer les occurrences et le champ sémantique des deux formes verbales pour saisir la pleine portée théologique du terme
L’analyse de la racine דָּכָה à travers ses conjugaisons (Binyanim) illustre la gamme sémantique de l’écrasement :
Qal : Décrit l’action simple ou l’état d’affaissement. Par exemple, Psaume 10:10 utilise une forme de la racine pour décrire celui qui « se brise, il s’affaisse » (yidkeh), indiquant un affaissement physique ou moral.
Pi’el (Intensif/Causatif) : Décrit l’action d’écraser de manière violente ou répétée. Dans Psaume 44:19, le psalmiste s’adresse à Dieu en disant : « Tu nous as brisés » (dikkîtānû), soulignant que l’agent de l’écrasement est souvent la discipline ou le jugement divin.
Niphal (Passif/Statique) : Décrit l’état résultant d’avoir été écrasé, c’est-à-dire l’état d’être brisé, abattu ou contrit, comme dans Psaume 51:19.
L’Intensité Physique de la Contrition :
Le choix d’une racine dont le sens littéral est « broyer » ou « piler » (comme on pilerait le grain, l’encens ou les os) est significatif. Il indique que la repentance décrite par niḏkeh n’est pas un sentiment superficiel de regret ou une simple affliction, mais une destruction intérieure radicale de l’orgueil et de l’illusion de l’autosuffisance. C’est l’acceptation d’être réduit à son plus simple état, d’être mortel et faillible. Cette force du mot assure que seul un état d’humilité extrême, où l’illusion de la volonté propre toute puissante est totalement réduite et pulvérisée, et cela est considéré comme le plus haut « sacrifice », supérieur a toutes offrandes matérielles et devoirs religieux.
Le terme וְנִדְכֶּה prend toute sa profondeur lorsqu’il est analysé en tandem avec le terme qui le précède, au sein du parallélisme poétique qui structure le verset.
Le Parallélisme Synonyme
Le verset utilise une forme de parallélisme synonyme, où les deux membres du syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה décrivent un état similaire mais intensifié :
נִשְׁבָּר (nišbār), de la racine šbr (casser, rompre), connote l’acte initial de la destruction du « mauvais/faux » cœur, lieu de la confusion émotionnelle, source de transgressions. Ainsi le vrai cœur se révèle, réceptacle du divin et de la clarté.
וְנִדְכֶּה (wəniḏkeh), de la racine dkh/dka (écraser, broyer), connote l’état durable et humble qui résulte de cette destruction, l’état d’être réduit en poudre.
Le cœur brisé (nišbār) peut être perçu comme la condition initiale; le cœur abattu/broyé (niḏkeh) est la reconnaissance de l’anéantissement total de l’ego soumis au péché et au jugement divin. Cette distinction implique deux degrés de repentance : l’acceptation que quelque chose est cassé (nišbār), et l’acceptation que ce qui est cassé doit être réduit en poudre (niḏkeh) par l’analyse et la mise en conscience, car sans possibilité de réparation par l’effort propre. La contrition totale prends alors tout son sens et devient la porte d’entrer à la miséricorde.
Tableau 2 : Distinction Sémantique dans le Parallélisme (Psaume 51:19)
| Terme Hébreu | Racine | Sens Fondamental | Connotation Exégétique |
| נִשְׁבָּר (Nišbār) | ש.ב.ר (Šābar) | Casser, rompre (un objet) | Rupture initiale, reconnaissance de l’erreur de la croyance en l’autosuffisance. |
| וְנִדְכֶּה (Wəniḏkeh) | ד.כ.ה (Dāḵā) | Écraser, piler (en poudre) | État durable d’abattement, humilité réelle et soumise au réel. |
L’œuvre de l’ensemencement Divin
Le Psaume 51, lui-même, établit la séquence causale qui mène au cœur nidkeh. Au verset 10, David implore : « Puisses-tu me faire entendre des accents d’allégresse et de joie, afin que ces membres que tu as broyés [דִּכִּיתָ, Pi’el] retrouvent leur joyeux entrain! ». Le Pi’el actif (dikkîtā, « Tu as broyé ») décrit l’action de Dieu dévoilant la discipline. L’expérience de cet écrasement par la discipline et les épreuves mène à l’état recherché et nécessaire pour que soit libérer Dieu, là où nous sommes impuissant à le faire (Niphal participe passé dans le verset 19). Le wəniḏkeh n’est pas une simple émotion, mais l’acceptation de la Vérité après avoir été jugé et discipliné par Dieu, lui qui met à disposition des techniques et des pratiques, des lois, traduite en langage humains par les sages et savant de la bible… Traductions en langages humains dont chaque génération doit se saisir en sagesse et créativité.
L’Écho Prophétique de la Restauration
Le sens spirituel du cœur contrit et bisé (nidkeh) est confirmé par d’autres textes prophétiques utilisant la racine apparentée דָּכָא (H1792). Ésaïe 57:15, notamment, est particulièrement éclairant :
« Car ainsi parle le Très Haut, le Sublime, qui habite l’éternité et dont le nom est Saint: J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté; mais je suis avec celui qui est contrit et humble d’esprit, afin de vivifier l’esprit des humbles et de ranimer le cœur des contrits [נִדְכָּאִֽים]. ».
Cette occurrence démontre que l’état nidkeh ou nidka’im n’est pas une fin en soi, mais le lieu de la rencontre avec le divin. L’humilité radicale (être broyé en ses faiblesses et souffrance) est la condition nécessaire pour la vivification et la restauration. Le cœur contrit (nidkeh) est le cœur qui est devenu malléable et réceptif à la grâce régénératrice de Dieu.
L’importance de וְנִדְכֶּה dépasse l’analyse lexicale pour redéfinir la doctrine de la repentance/retour à Dieu et à l’éternel de soi-même dans la tradition hébraïque et chrétienne.
Le Sacrifice Intérieur et l’Anti-Ritualisme
Psaume 51:19 est l’une des déclarations les plus fortes des Écritures contre un ritualisme vide de sens, soulignant que la véritable piété est fondamentalement une condition de l’âme. La valeur de l’offrande est transférée de l’objet matériel et coûteux (taureau, holocauste) à l’état subjectif et moral de l’offrant (le lēḇ-nišbār wəniḏkeh). L’analyse du terme דָּכָה permet de distinguer l’humilité radicale d’une simple faiblesse ou d’un découragement passif. La repentance totale est l’humilité qui précède la vivification. L’état d’être broyé en son « ego » souffrant est l’absence totale d’orgueil qui rend l’individu totalement prêt pour la grâce.
Contraste Moral et Justice Divine
Il est essentiel de comparer l’usage de la racine דָּכָה/דָּכָא dans le contexte de la justice sociale. Cette racine est souvent employée pour décrire l’oppression injuste exercée par les puissants sur les faibles. Par exemple, en Ésaïe 3:15, le prophète demande : « Que faites-vous, de broyer [תְּדַכְּא֣וּ] mon peuple, et d’écraser la face des pauvres? ». Cette antithèse est porteuse de sens théologique. La justice divine exige que l’orgueil et la méchanceté qui poussent à l’oppression soient eux-mêmes écrasés (דִּכָּה, Pi’el). Le cœur וְנִדְכֶּה est celui qui a accepté cette justice sur lui-même, reconnaissant que son état d’humilité et de renoncement à l’autosuffisance est juste devant Dieu.
Un concept fondamental de la Loi Mosaïque est renversé par ce verset et sera dés lors le ferment judaïque du christianisme. Dans le culte lévitique, les animaux de sacrifice devaient être sans défaut. Toute brisure ou blessure les rendait impropres. Le psaume 51:19 introduit une doctrine de la grâce : le cœur spirituellement « brisé et broyé » (nišbār wəniḏkeh), qui serait l’offrande la plus imparfaite au sens rituel, devient l’offrande la plus pure et la plus agréable à Dieu. Le fait que l’impureté reconnue et l’humilité radicale deviennent le chemin spirituelle place la contrition au-dessus du formalisme rituel.
Héritage et Traduction
La traduction latine du syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה par cor contritum (cœur contrit) dans la Vulgate, a eu un impact durable sur la théologie occidentale. Le terme latin contritum dérive de conterere, signifiant « broyer, écraser ensemble », capturant de manière éloquente l’intensité physique et la signification de l’anéantissement spirituel inhérents à la racine hébraïque דָּכָה.
L’analyse morphologique et lexicographique confirme que le terme וְנִדְכֶּה (wə-niḏ-keh) du Psaume 51:19 est un élément clé de la théologie de la repentance.
La racine du mot est la trilittère דָּכָה (dāḵâ, Strong : 1794), synonyme de דָּכָא (Strong : 1792), dont le sens principal est « écraser » ou « broyer ». Morphologiquement, וְנִדְכֶּה est un Participe Passif au Binyan Niphal, signifiant « celui qui a été écrasé » ou « l’abattu ».
Dans le syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה, וְנִדְכֶּה représente le degré le plus profond d’humiliation spirituelle : l’état qui résulte de l’acceptation du jugement divin et la destruction totale de l’orgueil et de la croyance en l’autosuffisance. C’est la reconnaissance que le cœur porteur de confusion a été pulvérisé par la conscience de ce qui doit être vivifié : l’incomplet et le mortel.
Le Psaume 51:19 définit ce cœur abattu (champ émotionnel de la confusion menant à l’erreur) puis broyé par la discipline, comme le sacrifice suprême, que Dieu « ne dédaigne point » (lō’ ṯiḇzeh). Ce terme encapsule ainsi le passage du culte extérieur et matériel à une spiritualité réellement vivifiante, centrée sur la transformation intérieure et l’humilité radicale. Mouvement d’ÊTRE (façon d’être) constituant la seule offrande véritablement agréable au Divin. Ainsi seulement, nous pouvons libérer Dieu dans le présent et réaliser la réparation du monde et la nôtre de surcroît…
Nous nous retrouverons à La Maison-Saint-Hilaire de Poitiers, pour une séance de Bibliodrame le 26 juin de 17h30 à 20h30.
Participation individuelle : 36€
Maison Saint Hilaire
36 boulevard Anatole France
86000 Poitiers
Réservation nécessaire : 06 48 55 54 79
Le terme bibliodrame est composé de deux mots : Biblio = Bible, et Drama = action (grec). Cette méthode permet de vivre la Bible en mettant en scène les personnages bibliques. Cette pratique crée du lien entre le texte sacré et la vie de chacun. Il peut aussi être un puissant outil pour le dialogue inter-religieux.
Le texte devenant acte, il invite aussi à se penser, et produit un mouvement de rencontre avec un plus grand que soi. Il s’adresse à l’être humain dans son entièreté : corporelle, spirituelle, psychologique et sociale.
Le groupe de Bibliodrame sera encadré par une psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste et un chrétien hébraïsant. Le groupe est ouvert à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne.
Ce qui est appelé communément « Bibliodrame », bien que sous des formes assez différentes, s’est lentement développé dans divers pays, principalement en Europe du Nord, tant dans les milieux catholiques que protestants. Divers groupes existent aussi dans les milieux juifs. Les premières expériences de ce type en milieu catholique se sont développées rapidement après le « Concile Vatican II ». Cette pratique est inspirée des pratiques thérapeutiques du « Psychodrame », une thérapeutique reconnue par les institutions médicales et hospitalière au niveau mondial et conçue par le psychiatre, psychosociologue et philosophe américain d’origine roumaine, Jacob Levy Moreno (1889-1974). Le Bibliodrame, par ailleurs, trouve ses racines les plus anciennes dans la méthode d’application des « 5 sens », recommandée par saint Bernard et saint Bonaventure. On peut aussi reconnaître la « Composition du Lieu » conçue par saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels. La « Composition du Lieu » vise à la contemplation de Dieu par des pratiques pouvant relever de l’art et notamment théâtral. On peut y voir aussi certaines analogies avec les recommandations de Maïmonide dans le « Traité des 8 chapitres » ou encore en diverses exercices de la mystique juive… Ou encore, de ce qui relève de l’ Anthropologie du Geste comme définie par le père Marcel Jousse (1886-1961). Les racines pluri-culturelles du Bibliodrame, permettent d’ouvrir cette pratique à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne.
Florence Jacopé-Fouchereau née en 1971. Elle a une double licence : de sociologie et de psychologie. Elle est psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste certifiée par l’IFREAP (Institut Français de Recherche et d’Application du Psychodrame). Son mémoire de certification porte sur la « concrétisation », c’est à dire le fait de rendre visible l’invisible, de montrer plutôt que de parler. Elle exerce en libéral à Melle (79) et anime des groupes de psychodrame réguliers. Ancienne directrice d’accueil collectif de mineurs, et famille d’accueil, elle a acquis une expertise en gestion et dynamique de groupe.
Bruno Jacopé-Fouchereau, né en 1963, poète, auteur, ancien grand reporter. Il étudia les grands mouvements religieux et leurs implications dans la géopolitique des grandes puissances. Collaborateur à Charlie-Hebdo, le Monde Diplomatique, Paris-Match, VSD, TF1, France 2, Canal +,… Auteur de cinq essais, il se consacre aujourd’hui à l’étude des principes et systèmes de «l’Imaginal» en rapport avec l’épanouissement social et individuel par la spiritualité des traditions judéo-chrétiennes. Hébraïsant, il transmet un certain nombre de techniques reçues d’une famille de marranes. Ces techniques singulières de « gestualisation de l’hébreu biblique » s’apparentent à l’anthropologie du geste (Marcel Jousse), et en permettent un apprentissage méditatif puissant.
A podcast by Félicie Rouvreau and Alan Drach
About a text written by Bruno Jacopé-Fouchereau:
Un WE animé par l’auteur, conférencier et poète : Bruno Jacopé-Fouchereau
Communauté chrétienne de NOTRE-DAME-DE-PÉPIOLE
1106, Chemin de Pépiole 83140 Six Fours les plages
Participez à 3 journées de pratiques méditatives autour des 22 lettres & du portique des voyelles.
Par tel : 06 48 55 54 79
Ou par courriel : bruno.fou32@gmail.com
Il s’agit d’expérimenter l’harmonie, la paix et la cohérence du plus grand que soi… Et de découvrir comment l’hébreu biblique fait surgir ces merveilles à la source de nos singularités. Cette expérience est accessible à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne. Aucune connaissance particulière de l’hébreu n’est nécessaire, mais cela peut-être un plus.
Nous avons la chance de pouvoir vivre ce WE d’initiation, dans trois maisons qui entourent la chapelle de Notre-Dame-de-Pépiole, un lieu de nature magnifique dont les origines remontent au VIe siècle. La chapelle, d’époque mérovingienne, est l’un des plus vieux monuments paléochrétiens de France.
Pour en savoir plus sur la pratique proposée :
https://lun-deux.fr/apprentissage-meditatif-de-lhebreu-biblique/
Pour découvrir la Chapelle où nous pratiquerons des exercices (cliquez sur l’image !) :
Le prix pour les enseignement est de 250 euros/pers pour le WE.
Un hébergement est proposé dans trois maisons jouxtant la chapelle de la communauté de Notre-Dame de Pépiole. La participation aux frais d’organisation, plus l’hébergement, l’accès au parc, à la chapelle, et la salle de travail pour les deux jours sera de 120 euros/pers.
A l’inscription le montant à verser par virement sera de 50% de la somme totale, soit : 185 euros. Cette somme restera acquise en cas de désistement. Le solde sera à régler à l’arrivée au stage. Vous recevrez un IBAN suite à votre prise de contact. N’oubliez pas de signifier dans l’ordre de virement « Réservation Initiation à l’Hébreu Sacré méditatif » ou « Réserv. IHSM »
Un échange téléphonique individuel, à l’inscription permettra de parfaire l’organisation, mais aussi de faire le point avec chacun pour que ce WE soit le plus en phase possible avec les singularités et attentes.
Vous êtes donc invité à envoyer un courriel pour signifier votre inscription :
bruno.fou32@gmail.com
ou directement par téléphone : 06 48 55 54 79
Nous préparerons nos repas collectivement avec ce que chacun aura apportés. Une cuisine parfaitement aménagée et dotée sera à notre disposition. Nous pourvoirons collectivement au dîner du vendredi soir, du petit déjeuner, déjeuner et dîner du samedi et du petit déjeuner et déjeuner + collation du dimanche. Soit 2 petits déjeuners, 2 déjeuners, 2 dîner. Les petits déjeuners seront largement pourvu par les organisateurs.
Selon la répartition dans les chambres, chacun devra se pourvoir, de ses linges de toilettes et draps.
Le groupe sera de 10 personnes maximum.
Nous pratiquerons le chant des 5 principales voyelles de l’hébreu, dans la plus pure tradition antique en rapport avec les 5 degrés de l’âme de la mystique hébraïque.
Nous ferons l’expérience de la visualisation du bouclier de David et de la posture prophétique (liée au Shema Israël et au prophète Élie).
Vous découvrirez aussi la puissance de la méditation des dix profondeurs. Une pratique contemplative, liée à l’Arbre Séphirotique de la tradition mystique juive. Mais aussi liée à certaines évocations des évangiles comme dans Éphésiens 3:18-19.
Ces techniques de « gestualisation de l’hébreu biblique » sourcées aux techniques mystiques juives, s’apparentent aussi à l’anthropologie du geste (Marcel Jousse-Pére Jésuite), de même à l’Hésychasme des chrétiens orthodoxes. Elles permettent un apprentissage méditatif puissant de l’hébreu biblique.

Jeudi 10 avril 2025
Séance Découverte
17h30 – 20h30
Participation libre
Maison Saint Hilaire
36 boulevard Anatole France
86000 Poitiers
Info & réservation :
bruno.fou32@gmail.com
&
Tel : 06 48 55 54 79
Le groupe de Bibliodrame sera encadré par une psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste et un chrétien hébraïsant (voir la présentation des encadrants à la fin de cette page). Le groupe sera ouvert à tous et utilisera la bible en ses diverses et principales traditions. Chacun pourra venir avec sa bible, cependant, lors des séances sera à disposition (à minima) : la Bible juive dans son édition interlinéaire dite de la « Stuttgart » (éd. Alliance Biblique universelle), la Tob (éd. Biblio-cerf), la Second 21.
Le terme bibliodrame est composé de deux mots : Biblio = Bible, et Drama = action (grec). Le bibliodrame est donc une méthode qui permet de vivre la Bible en mettant en scène les récits et personnages bibliques. C’est une méthode active qui crée du lien entre le texte sacré et la vie de chacun.
Le bibliodrame permet de vivre personnellement et collectivement un court passage biblique. Le texte devenant acte, il invite chacun à se penser soi même en l’interprétant. Dans cette mise en mouvement, il produit la rencontre avec la parole de Dieu. Il s’adresse à l’être humain dans son entièreté, dans toutes ses dimensions : corporelle, spirituelle, psychique et sociale. Il peut être, aussi, un puissant outil pour le dialogue inter-religieux.
Ce qui est appelé communément « Bibliodrame », bien que sous des formes assez différentes, s’est lentement développé dans divers pays, principalement en Europe du Nord, tant dans les milieux catholiques que protestants. Divers groupes existent aussi dans les milieux juifs. Les premières expériences de ce type en milieu catholique se sont développées rapidement après le « Concile Vatican II ». Cette pratique est inspirée des pratiques thérapeutiques du « Psychodrame », une thérapeutique reconnue par les institutions médicales et hospitalière au niveau mondial et conçue par le psychiatre, psychosociologue et philosophe américain d’origine roumaine, Jacob Levy Moreno (1889-1974). Le Bibliodrame, par ailleurs, trouve ses racines les plus anciennes dans la méthode d’application des « 5 sens », recommandée par saint Bernard et saint Bonaventure. On peut aussi reconnaître la « Composition du Lieu » conçue par saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels. La « Composition du Lieu » vise à la contemplation de Dieu par des pratiques pouvant relever de l’art et notamment théâtral. On peut y voir aussi certaines analogies avec les recommandations de Maïmonide dans le « Traité des 8 chapitres » ou encore en diverses exercices de la mystique juive… Ou encore, de ce qui relève de l’ Anthropologie du Geste comme définie par le père Marcel Jousse (1886-1961). Les racines pluri-culturelles du Bibliodrame, permettent d’ouvrir cette pratique à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne.
Qui vous propose cette pratique ?
Florence Jacopé-Fouchereau née en 1971. Elle a une double licence : de sociologie et de psychologie. Elle est psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste certifiée par l’IFREAP (Institut Français de Recherche et d’Application du Psychodrame). Son mémoire de certification porte sur la « concrétisation », c’est à dire le fait de rendre visible l’invisible, de montrer plutôt que de parler. Elle exerce en libéral à Melle (79) et anime des groupes de psychodrame réguliers. Ancienne directrice d’accueil collectif de mineurs, et famille d’accueil, elle a acquis une expertise en gestion et dynamique de groupe.
Bruno Jacopé-Fouchereau, né en 1963, poète, auteur, ancien grand reporter. Il étudia les grands mouvements religieux et leurs implications dans la géopolitique des grandes puissances. Collaborateur à Charlie-Hebdo, le Monde Diplomatique, Paris-Match, VSD, TF1, France 2, Canal +,… Auteur de cinq essais, il se consacre aujourd’hui à l’étude des principes et systèmes de «l’Imaginal» en rapport avec l’épanouissement social et individuel par la spiritualité des traditions judéo-chrétiennes. Hébraïsant, il transmet un certain nombre de techniques reçues d’une famille de marranes. Ces techniques singulières de « gestualisation de l’hébreu biblique » s’apparentent à l’anthropologie du geste (Marcel Jousse), et en permettent un apprentissage méditatif puissant.
Nous présentons ici un module basé sur une pratique régulière de trois heures tous les mois. Mais cette pratique peut-aussi être adaptée pour des journées entières, ou des week end. La question des rythmes et du mode des pratiques sera à définir avec le groupe de pratiquants
CADRE DE LA PRATIQUE :
Les séances sont ouvertes à toute personne ayant un intérêt pour les traditions judéo-chrétiennes et bibliques.
Le groupe cultivera activement la bienveillance envers les singularités pour libérer la parole et passer du « dit » au « dire ». Chacun pouvant ainsi renforcer et épanouir ce qui lui fait source.
Les temps de séances durent environ 3 heures (pratique)
Le groupe sera composé (outre les encadrants) de 10 participants maximum.
Il sera proposé une séance découverte (participation libre) qui débutera la saison de pratiques. La prochaine étant celle du 10 avril 2025 de 17h30-20h30 à la Maison Hilaire : 36 boulevard Anatole-France 86000 Poitiers
La participation financière individuelle aux séances (1 séance = trois heure) serait fixée à 45 € par personne et par séance. Ceci est à titre indicatif. Le module de pratiques s’adaptera, au mieux, au groupe. Une participation sociale sera proposée au cas par cas. Pour les demi-journées, des journées, ou des WE, les formules restent donc à étudier avec le groupe et les « lieux accueillants ».
DÉROULEMENT D’UNE SÉANCE (basique) :
Échauffement : Nous proposerons divers outils, respiration en trois temps, posture dite d’Élie (debout on se replie sur soit-même en expirant), accueil dans ses bras de l’enfant messie…
Le choix du texte se fera en fonction des propositions des participants. Ce choix pourra être accompagné par le « Dictionnaire des Noms Propres de la Bible » (Odelain et Séguineau éd. Cerf), mis à disposition lors des séances. Nous regarderons ensemble les versets bibliques retenus, puis nous en ferons une lecture. Nous réfléchirons et ferons alors un choix collectif d’une scène.
Il sera fait une nouvelle lecture du texte suivi d’un petit temps de méditation personnelle à partir des questions suivantes : qu’est ce qui vous touche dans cette scène ? Qu’est-ce qui capte votre intérêt ? Quels rôles vous semblent importants ?
Chacun choisit alors un personnage avec lequel il se sent une affinité dans la scène (le groupe, le cas échéant pourra être divisé en deux). Les encadrants veilleront à la juste participation de chacun, selon les élans et les désirs, et ceci au fil des séances. Il est important de comprendre que le rôle de témoin dans la scène est aussi agissant. Ainsi tout le groupe est debout et présent lorsque le passage biblique est joué.
Puis on passera à la mise en scène du texte choisi : installation spatiale, géographique de la scène et des personnages dans la salle. Nous pratiquerons l’Interview des personnages afin de permettre à tous de s’identifier à son rôle (cette pratique vient du Psychodrame). Enfin nous jouerons la scène.
Nous passerons alors à un temps de partage. Chacun raconte alors ce qui s’est passé pour lui, en tant que personnage (ou l’objet, ou le témoin…) incarné dans la scène.
Nous pratiquerons alors un temps dit de « dérolage » : Il s’agit d’une pratique typique du psychodrame où chacun quitte symboliquement son personnage, ceci pouvant se faire en mimant quelqu’un qui s’époussète du rôle qu’il vient de jouer. Ce « dérolage » permet de revenir pleinement à soi.
Nous reviendrons alors au verset joué. Chacun pourra exprimer ce que cela a fait bouger dans sa compréhension du texte et libre à chacun d’exprimer là où il a été touché personnellement par la scène.
À la fin de la séance, nous prendrons un moment de recueillement individuel, prière silencieuse. Il sera possible de partager aux autres ce qu’il a été mis, individuellement en prière.
Contact : bruno.fou32@gmail.com / Tel 06 48 55 54 79
« L’Union des souffles », le dernier livre de Bruno Jacopé-Fouchereau
Une parution aux Éditions Unicité, Collection Poètes francophones planétaires, sous la direction de Pablo Poblète.
Le livre peut-être commandé chez l’auteur (18 euros) qui vous dédicacera son livre. (sup. courrier suivi : 6,90€). Les livres peuvent être retirés chez l’auteur paiement sur place sur RdV : 06 48 55 54 79 .
VOICI UN LIEN POUR COMMANDER : https://www.paypal.com/ncp/payment/FY6BP8RMX4HRC

« L’UNION DES SOUFFLES » ou Le mystère hébraïque des Ailes de Mélusine…
Au centre du livre L’Union des Souffles vibre le mystère des ailes de la Fée Mélusine. Ce mystère se révèle à la lumière de son hébraïsation, racines de la chrétienté. Beaucoup de l’espoir surréaliste puisait là…
Pour découvrir ces merveilles promises, terre de tous les espoirs, Bruno Jacopé-Fouchereau nous entraine de Barcelone à Clisson en Bretagne, aux terres angevines berceau de Lancelot, puis de Jérusalem à Prague…
En ces Hauts-Lieux il « déposa » ses poèmes pour mieux entendre la source de toutes vies et interroger son Nom. L’Union des Souffles, avant d’être un recueil de poésies et de proses mystiques, est un témoignage concret d’une certaine pratique de l’Imaginal judéo-chrétien.
L’élan civilisateur d’Occident se morfond, ce type de pratiques peut être une fontaine de jouvence. Par cela nos racines se revitalisent, c’est notre seule chance d’échapper à la confusion, cause de toutes les violences… Mais tout doit se faire en rythmes et rendez-vous, en métaphorisations et créativités… En cela, la pierre de Jacob nous offre sa mémoire pour tisser de nouveaux cieux. La joie, l’authentique liberté, la sortie de l’esclavage, tout y est offert ! Ce recueil en est un manifeste. Rappelons-le, de Prague à Barcelone, en passant par les terres bretonnes, aux racines du Lupin poitevin, sans oublier Jérusalem, ce recueil invite aux-rendez-vous des merveilles, aux rythmes sacrés et pourtant séculiers, séculiers de tous temps. Rythmes sans lesquels notre présent est vain. Mélusine n’oubliait jamais son temps de Sabbath où elle plongeait en l’eau d’intelligence, mikvé purificatrice, bain de « surréalité », contemplation fluidique du non-manifesté, l’indicible, véritable structure du réel…
C’est ainsi, seulement et par ce rythme de retrouvailles, que la réalité commune se parle, que la cohérence se donne… Enfin la pierre trouve sa bouche et son langage est chant d’oiseau !
Bruno Jacopé-Fouchereau, né en 1963, s’affirme en un mouvement d’être inspiré des légendes du Poitou. Pour lui,Mélusine est une grande tante, et Gargantua un cousin bien-veillant. Poète, auteur, mythologiste, hébraïsant, ancien grand reporter et spécialiste des organisations criminelles, terroristes, sectaires et totalitaires. Il étudia les grands mouvements religieux et leurs implications dans la géopolitique des grandes puissances. Collaborateur à Charlie-Hebdo, Le Monde Diplomatique, Paris-Match, VSD, TF1, France 2, Canal +,… Auteur de cinq essais, il se consacre aujourd’hui à l’étude des principes et systèmes de « l’Imaginal » en rapport avec l’épanouissement social et individuel par la spiritualité des traditions et mythologies judéo-chrétiennes. Hébraïsant, iltransmet un certain nombre de techniques reçues d’une famille de Marranes installées enBretagne au XVIIIe siècle. Ces techniques singulières de « gestualisation » de l’hébreu biblique s’apparentent à l’anthropologie du geste (télécharger un PDF), un concept établit par Marcel Jousse. Ces techniques, ont aussi une forte analogie avec celles de l’Hésychasme. Elles permettent un apprentissage méditatif puissant.
To rediscover the profound and authentic meaning of the word « contemplation, » often diluted and trivialized, it is necessary to turn to the writings of the great spiritual traditions, rich in millennia-old knowledge. In particular, the reflections of Saint Thomas Aquinas, at the end of the 13th century, shed light on the nature and fruits of this unique spiritual experience.
Citing Richard of Saint Victor, Saint Thomas Aquinas defines contemplation as « the penetrating and free gaze of the mind on the things it looks at, » thus distinguishing it from meditation, which is « the gaze of the mind in search of truth. » Contemplation is not merely intellectual reflection, but a knowledge infused by the Holy Spirit, a direct and intimate experience of God. This is what makes it unique and precious, placing it above all other forms of knowledge of God.

This contemplative union with God brings about an intimacy so deep that it allows the soul to be called « friend of God » and to penetrate « the secrets of God. » Saint Dominic, as the texts emphasize, himself experienced this interior contemplation, reserved for the friends of God.
The Role of the Holy Spirit: Light and Love
The Holy Spirit plays a central role in contemplation. It is the immediate cause of this infused knowledge, acting directly on the soul, which becomes, in a way, « possessed by God. » Without this divine intervention, it would be impossible to access an affective and experiential knowledge of God.
The action of the Holy Spirit manifests itself in two ways:
It is first the love of God that is perceived, and then through this love that God is known as loved and present. Love thus becomes a means of knowledge, for it is in love that the intellect experiences God. It is important to note that this experience is not an act of the will, but an act of the intellect, enlightened by the Holy Spirit.
Revelation of God’s Secrets and Bold Preaching
In addition to the gifts it bestows, contemplation, according to Saint Thomas, allows one to know affectively the secrets of Jesus’ heart. Drawing on the words of Christ: « I have called you my friends, because I have made known to you everything that I have heard from my Father » (Jn 15:15), Saint Thomas emphasizes that « friends form only one heart and one soul » and that « God makes us participate in his wisdom by revealing his secrets to us. »
The more man aspires to grasp the secrets of divine Wisdom, writes Saint Thomas, the more he must draw near to Jesus, for his secrets are revealed to those who are united to God by love.
This is why it is impossible for one who receives this gift to keep it to himself. The saint welcomes from this contemplation the « bold power of ardent preaching. »
Contemplating to Preach
Saint Dominic, in his contemplation, attains a particular intimacy with Christ present in the Scriptures. It is from this wellspring that he draws the richness and depth of his preaching. As Gregory the Great said: « In contemplation they draw what they later pour out in preaching, not only by means of doctrine, but even by means of contemplation one has much to preach about. »
Contemplation, as described by Saint Thomas Aquinas and illustrated by the life of Saint Dominic, is a spiritual experience of inestimable richness. It allows the soul to enter into intimate union with God, to know his secrets, and to draw from him the strength and light to preach him to the world. Far from being a simple pious practice, contemplation is a source of life, transformation, and mission for the Christian.
Lundi 25 mars 2024, alors que les rameaux viennent d’entrer en nos familles
Bonjour à tous,
`
Pour faciliter le désir de plusieurs personnes de participer au groupe de parole sur la mort et le deuil, nous changeons la date de RDV. Ce sera tous les 2e mardi de chaque mois à 15h
« LA MORT ET APRÈS… »
Prochains RdV : 9 avril / 14 mai / 11 juin À la « Maisonnée de l’abbatiale » :
1, rue Belle-Face 79370 Celles sur Belle.
Participation : 25 euros/pers.
Le « tarif » de la séance sera absolument adapté aux besoins et capacités de chacun.
Groupe limité à 8 personnes.
Boissons et petits gâteaux offerts.
Le Groupe d’étude biblique d’hébraïsation des textes se réunit comme prévu (deuxième mercredis de chaque mois) le mercredi 10 avril à 17h
À la « Maisonnée de l’abbatiale » : 1, rue Belle-Face 79370 Celles sur Belle.
Le thème retenu par le groupe est la construction de « l’Arche de Noé » Gen. 6; 14 à 16.
En étudiant les particularités hébraïques du mot arche/תֵּבָה (tebah) – Strong 08392 et les autres mots qui lui sont associés dans le texte, nous découvrirons comment il est question de la fonction libératrice du langage et du Verbe… et notamment, comment le langage/verbe est libérateur de la « violence »
Le passage biblique en interlinéaire Hebreu/français de l’édition de la Biblia Hébraica Stuttgartensia, éditée par l’Alliance Biblique Universelle, est transmis à toute personne désirant partager ce temps d’étude.
Bruno Jacopé-Fouchereau
06 48 55 54 79