Cours sur Saint-Paul par le Cours sur Saint-Paul par le père Yves-Marie Blanchard (RCF- Poitiers)
Magnifique présentation des textes et du personnage historique de saint Paul et de sa figure mytho-historique
Loggia, poésie, méditation, photos et mots…
Cours sur Saint-Paul par le Cours sur Saint-Paul par le père Yves-Marie Blanchard (RCF- Poitiers)
Magnifique présentation des textes et du personnage historique de saint Paul et de sa figure mytho-historique
Conférence de la fraternité du « M »
pour la création d’un groupe d’hébraïsation
Une conférence du F.: Bruno Jacopé Fouchereau (pour en savoir plus sur le conférencier… Cliquez !)
Mercredi 14 janvier 2026 à 19h (Participation 20€)
En ligne via ZOOM, vous recevrez votre lien d’accès après le paiement.
Ou en présentiel : 102 Chem. des Cartanes, 31840 Aussonne.
Pour prendre votre ticket : https://www.paypal.com/ncp/payment/DQWTDXM7U3BTW
« …C’est un savoir oublié de nombreux maîtres : une fois décodés par la kabbale, les gestes, les mots, et le parcours initiatique de l’apprenti, forment un fil rouge extrêmement cohérent… Ainsi fait, l’impétrant peut débuter concrètement un dialogue singulier et personnel avec l’univers symbolique de la Franc-Maçonnerie fondamentalement rendu opératif. S’opère une redécouverte des principes civilisateurs judéo-chrétiens par l’expérience du plus grand que soi… »
Le Geste juste est une parole silencieuses, écrite en hébreu ! Le feu noir sur le feu blanc des textes bibliques est la « planche » de salut maçonnique de tout impétrant et même des athées !
La kabbale et la mystique de l’hébreu biblique, cultivés traditionnellement, deviennent des amplificateurs de l’initiation. Les pratiques maçonniques et leurs symboliques, principalement rattachées à l’Ancien Testament, sont intrinsèquement, et même ontologiquement, liées aux fonctions poétiques de l’hébreu, à sa mystique, et donc à la kabbale. Là, résident les sources civilisationnelles de l’altérité et de la bienveillance comme n’a cessé de le démontrer Emmanuel Lévinas.
L’Imaginal, concept d’Henri Corbin, ou la théologie et la théophanie mises à l’école de l’imaginaire poétique de Paul Ricœur, sont des références importantes que nous aborderons pour constater leur mise en fonction pratique et technique, par l’hébreu, dans nos rituels. Nous rappellerons que la puissance civilisationnelle de la F.M., n’est accessible que par une herméneutique, toute différente de la critique historique. Seule l’herméneutique permet de valoriser les hiérophanies symboliques et dévoile toute la puissance initiatique des traditions maçonniques. Ainsi, seulement, l’œuvre maçonnique participe avec force au ré-enchantement du monde et du vivant.
Les outils de la kabbale permettent (aussi !) de libérer toute la puissance initiatique des symboles maçonniques. Ces outils, si l’on acquiert un peu d’hébreu (…et ce n’est pas si difficile !), réensemencent, l’approche judéo-chrétienne et plus largement spirituelle. Une nourriture susceptible de passionner les Frères et Sœurs croyants et non-croyants.
Le Psaume 51, traditionnellement intitulé Miserere (Aie pitié), constitue l’un des sommets de la littérature sapientiale et pénitentielle de la Bible hébraïque. Il est classiquement attribué au Roi David, exprimant sa profonde repentance à la suite de l’affaire impliquant Bath-Shéba et Urie, le Hittite. Ce psaume sert de modèle paradigmatique pour la confession individuelle et la supplique pour la purification spirituelle face à une transgression grave. Il met en en prières et pensées la souffrance existentielle qui est au cœur de chaque existence humaine.
L’objet de cette analyse est le verset 19 ( nous utilisons la traduction française Segond:17). Ce verset met en lumière la nature du sacrifice jugé véritablement agréable à Dieu. Le texte hébreu se lit comme suit :
זִבְחֵי אֱלֹהִים, רוּחַ נִשְׁבָּרָה:לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה, אֱלֹהִים, לֹא תִבְזֶה
La traduction littérale et exégétique courante est : « Les sacrifices [agréables] à Dieu, c’est un esprit contrit ; un cœur brisé et abattu, Ô Dieu, tu ne le dédaignes point ». L’unité lexicale spécifique sur laquelle nous allons nous attarder est וְנִדְכֶּה (wə-niḏ-keh), qui fait partie du syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה (lēḇ-nišbār wəniḏkeh), traduisant l’état de contrition la plus profonde.
Le verset 19 ne peut être compris sans référence au verset précédent (v. 18/16), où le psalmiste déclare que Dieu ne prend point plaisir aux sacrifices matériels : « Car tu ne souhaites pas de sacrifices, je les offrirais volontiers ; tu ne prends point plaisir aux holocaustes ». Ce constat prépare l’affirmation centrale du verset 19 : l’unique offrande valable est un état spirituel radicalement transformé. L’expression cruciale pour qualifier l’acceptation divine de cet état est lō’ ṯiḇzeh (ne pas dédaigner). L’usage de cette expression négative forte, signifiant que Dieu ne rejette absolument pas ce cœur brisé, positionne cet état d’humiliation interne non seulement comme une alternative aux sacrifices rituels, mais comme leur substitut théologiquement supérieur. Ce principe établit une inversion de la valeur rituelle : ce qui est foncièrement imparfait et abattu (וְנִדְכֶּה/niḏkeh) est élevé au rang de sainteté (קָדוֹשׁ/qadosh), devenant ainsi l’essence de la théologie prophétique de la repentance. La miséricorde divine ne réside pas dans la perfection de l’offrande extérieure, mais dans l’état de soumission et d’écrasement de l’ego par l’humilité qu’elle représente.
L’analyse de וְנִדְכֶּה (wə-niḏ-keh) nécessite une décomposition morphologique précise pour isoler la racine verbale et déterminer sa fonction grammaticale dans le contexte du Psaume 51:19.
L’aspect formelle et linguistique :
Le mot se divise en deux composantes distinctes. La première est la conjonction de coordination וְ (Wə-), signifiant « et ». Cette conjonction relie l’unité lexicale analysée à l’adjectif verbal nishbar (brisé), soulignant l’accumulation et l’intensité de l’état de contrition requis pour l’offrande spirituelle.
La seconde composante est le radical נִדְכֶּה (niḏ-keh). L’analyse de ce radical mène directement à l’identification de sa racine (Šoreš) et de son Binyan (conjugaison).
L’Identification de la Racine Šoreš et du Binyan
La structure consonantique fondamentale de נִדְכֶּה est ד.כ.ה (D-K-H). Cette séquence trilittère correspond à la racine verbale דָּכָה (dāḵâ), répertoriée sous le numéro Strong :1794. Le sens fondamental de cette racine est « écraser », « briser », ou « déprimer ».
Quant à la conjugaison, le préfixe נִ (Ni-) est le marqueur morphologique du Binyan Niphal. La forme niḏ-keh est identifiée comme un Participe Passif (ou un adjectif verbal) au Masculin Singulier, s’accordant avec le sujet lēḇ (לֵב/cœur).
La Fonction Sémantique du Niphal.
L’utilisation du Binyan (construction) Niphal dans ce contexte est d’une importance théologique majeure. Le Niphal exprime l’action subie par le sujet (passif) ou un état résultant de cette action. Par conséquent, niḏ-keh signifie « celui qui a été écrasé » ou « celui qui est abattu ». Le choix du participe passif est un choix linguistique lourd de conséquences théologiques. Si le terme avait été conjugué dans une forme active, il aurait pu suggérer que l’être humain est l’artisan volontaire de sa propre contrition. Le passif (Niphal) confirme, au contraire, que cet état de brisure spirituelle est le résultat subi d’une puissance supérieure, souvent interprétée comme la discipline et ce qu’elle provoque de transformation, de jugement, ou de mise à l’épreuve de Dieu. La contrition exprimée par niḏkeh n’est donc pas une initiative humaine d’auto-flagellation, mais une réponse et une reconnaissance de l’incapacité humaine à se relever de ses propres forces, signalant l’acceptation de la nécessité de la grâce divine. Le suppliant reconnaît qu’il est en état d’échec total (comme les os brisés mentionnés au verset 8 et 10 du même Psaume).
Tableau 1 : Analyse Morphologique Détaillée de Wə-niḏ-keh (וְנִדְכֶּה)
| Composant Hébreu | Translittération | Racine | Binyan / Fonction | Signification Structurelle | Référence Strong’s |
| וְ | Wə- | N/A | Conjonction (Waw) | « Et » | N/A |
| נִדְכֶּה | Niḏ-keh | ד.כ.ה | Niphal (Participe M. Sg.) | « Celui qui a été broyé » / « Abattu » | 1794 |
L’étude lexicographique révèle que la racine דָּכָה (dāḵâ, H1794) est au centre de l’idée d’écrasement ou d’oppression dans l’hébreu biblique.
La Racine et son Champ Sémantique
La racine דָּכָה (H1794) possède un sens fondamental très physique : « écraser », « piler » ou « réduire en morceaux ». Il est important de noter l’existence d’une racine quasi-identique et interchangeablement utilisée en hébreu biblique : דָּכָא (Strong : 1792, verbe Lamed-Aleph). Les spécialistes confirment que la base דָּכָה est « liée et identique en signification à la base : דכא ». L’analyse complète du concept de contrition (l’état nidkeh) doit donc intégrer les occurrences et le champ sémantique des deux formes verbales pour saisir la pleine portée théologique du terme
L’analyse de la racine דָּכָה à travers ses conjugaisons (Binyanim) illustre la gamme sémantique de l’écrasement :
Qal : Décrit l’action simple ou l’état d’affaissement. Par exemple, Psaume 10:10 utilise une forme de la racine pour décrire celui qui « se brise, il s’affaisse » (yidkeh), indiquant un affaissement physique ou moral.
Pi’el (Intensif/Causatif) : Décrit l’action d’écraser de manière violente ou répétée. Dans Psaume 44:19, le psalmiste s’adresse à Dieu en disant : « Tu nous as brisés » (dikkîtānû), soulignant que l’agent de l’écrasement est souvent la discipline ou le jugement divin.
Niphal (Passif/Statique) : Décrit l’état résultant d’avoir été écrasé, c’est-à-dire l’état d’être brisé, abattu ou contrit, comme dans Psaume 51:19.
L’Intensité Physique de la Contrition :
Le choix d’une racine dont le sens littéral est « broyer » ou « piler » (comme on pilerait le grain, l’encens ou les os) est significatif. Il indique que la repentance décrite par niḏkeh n’est pas un sentiment superficiel de regret ou une simple affliction, mais une destruction intérieure radicale de l’orgueil et de l’illusion de l’autosuffisance. C’est l’acceptation d’être réduit à son plus simple état, d’être mortel et faillible. Cette force du mot assure que seul un état d’humilité extrême, où l’illusion de la volonté propre toute puissante est totalement réduite et pulvérisée, et cela est considéré comme le plus haut « sacrifice », supérieur a toutes offrandes matérielles et devoirs religieux.
Le terme וְנִדְכֶּה prend toute sa profondeur lorsqu’il est analysé en tandem avec le terme qui le précède, au sein du parallélisme poétique qui structure le verset.
Le Parallélisme Synonyme
Le verset utilise une forme de parallélisme synonyme, où les deux membres du syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה décrivent un état similaire mais intensifié :
נִשְׁבָּר (nišbār), de la racine šbr (casser, rompre), connote l’acte initial de la destruction du « mauvais/faux » cœur, lieu de la confusion émotionnelle, source de transgressions. Ainsi le vrai cœur se révèle, réceptacle du divin et de la clarté.
וְנִדְכֶּה (wəniḏkeh), de la racine dkh/dka (écraser, broyer), connote l’état durable et humble qui résulte de cette destruction, l’état d’être réduit en poudre.
Le cœur brisé (nišbār) peut être perçu comme la condition initiale; le cœur abattu/broyé (niḏkeh) est la reconnaissance de l’anéantissement total de l’ego soumis au péché et au jugement divin. Cette distinction implique deux degrés de repentance : l’acceptation que quelque chose est cassé (nišbār), et l’acceptation que ce qui est cassé doit être réduit en poudre (niḏkeh) par l’analyse et la mise en conscience, car sans possibilité de réparation par l’effort propre. La contrition totale prends alors tout son sens et devient la porte d’entrer à la miséricorde.
Tableau 2 : Distinction Sémantique dans le Parallélisme (Psaume 51:19)
| Terme Hébreu | Racine | Sens Fondamental | Connotation Exégétique |
| נִשְׁבָּר (Nišbār) | ש.ב.ר (Šābar) | Casser, rompre (un objet) | Rupture initiale, reconnaissance de l’erreur de la croyance en l’autosuffisance. |
| וְנִדְכֶּה (Wəniḏkeh) | ד.כ.ה (Dāḵā) | Écraser, piler (en poudre) | État durable d’abattement, humilité réelle et soumise au réel. |
L’œuvre de l’ensemencement Divin
Le Psaume 51, lui-même, établit la séquence causale qui mène au cœur nidkeh. Au verset 10, David implore : « Puisses-tu me faire entendre des accents d’allégresse et de joie, afin que ces membres que tu as broyés [דִּכִּיתָ, Pi’el] retrouvent leur joyeux entrain! ». Le Pi’el actif (dikkîtā, « Tu as broyé ») décrit l’action de Dieu dévoilant la discipline. L’expérience de cet écrasement par la discipline et les épreuves mène à l’état recherché et nécessaire pour que soit libérer Dieu, là où nous sommes impuissant à le faire (Niphal participe passé dans le verset 19). Le wəniḏkeh n’est pas une simple émotion, mais l’acceptation de la Vérité après avoir été jugé et discipliné par Dieu, lui qui met à disposition des techniques et des pratiques, des lois, traduite en langage humains par les sages et savant de la bible… Traductions en langages humains dont chaque génération doit se saisir en sagesse et créativité.
L’Écho Prophétique de la Restauration
Le sens spirituel du cœur contrit et bisé (nidkeh) est confirmé par d’autres textes prophétiques utilisant la racine apparentée דָּכָא (H1792). Ésaïe 57:15, notamment, est particulièrement éclairant :
« Car ainsi parle le Très Haut, le Sublime, qui habite l’éternité et dont le nom est Saint: J’habite dans les lieux élevés et dans la sainteté; mais je suis avec celui qui est contrit et humble d’esprit, afin de vivifier l’esprit des humbles et de ranimer le cœur des contrits [נִדְכָּאִֽים]. ».
Cette occurrence démontre que l’état nidkeh ou nidka’im n’est pas une fin en soi, mais le lieu de la rencontre avec le divin. L’humilité radicale (être broyé en ses faiblesses et souffrance) est la condition nécessaire pour la vivification et la restauration. Le cœur contrit (nidkeh) est le cœur qui est devenu malléable et réceptif à la grâce régénératrice de Dieu.
L’importance de וְנִדְכֶּה dépasse l’analyse lexicale pour redéfinir la doctrine de la repentance/retour à Dieu et à l’éternel de soi-même dans la tradition hébraïque et chrétienne.
Le Sacrifice Intérieur et l’Anti-Ritualisme
Psaume 51:19 est l’une des déclarations les plus fortes des Écritures contre un ritualisme vide de sens, soulignant que la véritable piété est fondamentalement une condition de l’âme. La valeur de l’offrande est transférée de l’objet matériel et coûteux (taureau, holocauste) à l’état subjectif et moral de l’offrant (le lēḇ-nišbār wəniḏkeh). L’analyse du terme דָּכָה permet de distinguer l’humilité radicale d’une simple faiblesse ou d’un découragement passif. La repentance totale est l’humilité qui précède la vivification. L’état d’être broyé en son « ego » souffrant est l’absence totale d’orgueil qui rend l’individu totalement prêt pour la grâce.
Contraste Moral et Justice Divine
Il est essentiel de comparer l’usage de la racine דָּכָה/דָּכָא dans le contexte de la justice sociale. Cette racine est souvent employée pour décrire l’oppression injuste exercée par les puissants sur les faibles. Par exemple, en Ésaïe 3:15, le prophète demande : « Que faites-vous, de broyer [תְּדַכְּא֣וּ] mon peuple, et d’écraser la face des pauvres? ». Cette antithèse est porteuse de sens théologique. La justice divine exige que l’orgueil et la méchanceté qui poussent à l’oppression soient eux-mêmes écrasés (דִּכָּה, Pi’el). Le cœur וְנִדְכֶּה est celui qui a accepté cette justice sur lui-même, reconnaissant que son état d’humilité et de renoncement à l’autosuffisance est juste devant Dieu.
Un concept fondamental de la Loi Mosaïque est renversé par ce verset et sera dés lors le ferment judaïque du christianisme. Dans le culte lévitique, les animaux de sacrifice devaient être sans défaut. Toute brisure ou blessure les rendait impropres. Le psaume 51:19 introduit une doctrine de la grâce : le cœur spirituellement « brisé et broyé » (nišbār wəniḏkeh), qui serait l’offrande la plus imparfaite au sens rituel, devient l’offrande la plus pure et la plus agréable à Dieu. Le fait que l’impureté reconnue et l’humilité radicale deviennent le chemin spirituelle place la contrition au-dessus du formalisme rituel.
Héritage et Traduction
La traduction latine du syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה par cor contritum (cœur contrit) dans la Vulgate, a eu un impact durable sur la théologie occidentale. Le terme latin contritum dérive de conterere, signifiant « broyer, écraser ensemble », capturant de manière éloquente l’intensité physique et la signification de l’anéantissement spirituel inhérents à la racine hébraïque דָּכָה.
L’analyse morphologique et lexicographique confirme que le terme וְנִדְכֶּה (wə-niḏ-keh) du Psaume 51:19 est un élément clé de la théologie de la repentance.
La racine du mot est la trilittère דָּכָה (dāḵâ, Strong : 1794), synonyme de דָּכָא (Strong : 1792), dont le sens principal est « écraser » ou « broyer ». Morphologiquement, וְנִדְכֶּה est un Participe Passif au Binyan Niphal, signifiant « celui qui a été écrasé » ou « l’abattu ».
Dans le syntagme לֵב-נִשְׁבָּר וְנִדְכֶּה, וְנִדְכֶּה représente le degré le plus profond d’humiliation spirituelle : l’état qui résulte de l’acceptation du jugement divin et la destruction totale de l’orgueil et de la croyance en l’autosuffisance. C’est la reconnaissance que le cœur porteur de confusion a été pulvérisé par la conscience de ce qui doit être vivifié : l’incomplet et le mortel.
Le Psaume 51:19 définit ce cœur abattu (champ émotionnel de la confusion menant à l’erreur) puis broyé par la discipline, comme le sacrifice suprême, que Dieu « ne dédaigne point » (lō’ ṯiḇzeh). Ce terme encapsule ainsi le passage du culte extérieur et matériel à une spiritualité réellement vivifiante, centrée sur la transformation intérieure et l’humilité radicale. Mouvement d’ÊTRE (façon d’être) constituant la seule offrande véritablement agréable au Divin. Ainsi seulement, nous pouvons libérer Dieu dans le présent et réaliser la réparation du monde et la nôtre de surcroît…
Nous nous retrouverons à La Maison-Saint-Hilaire de Poitiers, pour une séance de Bibliodrame le 26 juin de 17h30 à 20h30.
Participation individuelle : 36€
Maison Saint Hilaire
36 boulevard Anatole France
86000 Poitiers
Réservation nécessaire : 06 48 55 54 79
Le terme bibliodrame est composé de deux mots : Biblio = Bible, et Drama = action (grec). Cette méthode permet de vivre la Bible en mettant en scène les personnages bibliques. Cette pratique crée du lien entre le texte sacré et la vie de chacun. Il peut aussi être un puissant outil pour le dialogue inter-religieux.
Le texte devenant acte, il invite aussi à se penser, et produit un mouvement de rencontre avec un plus grand que soi. Il s’adresse à l’être humain dans son entièreté : corporelle, spirituelle, psychologique et sociale.
Le groupe de Bibliodrame sera encadré par une psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste et un chrétien hébraïsant. Le groupe est ouvert à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne.
Ce qui est appelé communément « Bibliodrame », bien que sous des formes assez différentes, s’est lentement développé dans divers pays, principalement en Europe du Nord, tant dans les milieux catholiques que protestants. Divers groupes existent aussi dans les milieux juifs. Les premières expériences de ce type en milieu catholique se sont développées rapidement après le « Concile Vatican II ». Cette pratique est inspirée des pratiques thérapeutiques du « Psychodrame », une thérapeutique reconnue par les institutions médicales et hospitalière au niveau mondial et conçue par le psychiatre, psychosociologue et philosophe américain d’origine roumaine, Jacob Levy Moreno (1889-1974). Le Bibliodrame, par ailleurs, trouve ses racines les plus anciennes dans la méthode d’application des « 5 sens », recommandée par saint Bernard et saint Bonaventure. On peut aussi reconnaître la « Composition du Lieu » conçue par saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels. La « Composition du Lieu » vise à la contemplation de Dieu par des pratiques pouvant relever de l’art et notamment théâtral. On peut y voir aussi certaines analogies avec les recommandations de Maïmonide dans le « Traité des 8 chapitres » ou encore en diverses exercices de la mystique juive… Ou encore, de ce qui relève de l’ Anthropologie du Geste comme définie par le père Marcel Jousse (1886-1961). Les racines pluri-culturelles du Bibliodrame, permettent d’ouvrir cette pratique à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne.
Florence Jacopé-Fouchereau née en 1971. Elle a une double licence : de sociologie et de psychologie. Elle est psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste certifiée par l’IFREAP (Institut Français de Recherche et d’Application du Psychodrame). Son mémoire de certification porte sur la « concrétisation », c’est à dire le fait de rendre visible l’invisible, de montrer plutôt que de parler. Elle exerce en libéral à Melle (79) et anime des groupes de psychodrame réguliers. Ancienne directrice d’accueil collectif de mineurs, et famille d’accueil, elle a acquis une expertise en gestion et dynamique de groupe.
Bruno Jacopé-Fouchereau, né en 1963, poète, auteur, ancien grand reporter. Il étudia les grands mouvements religieux et leurs implications dans la géopolitique des grandes puissances. Collaborateur à Charlie-Hebdo, le Monde Diplomatique, Paris-Match, VSD, TF1, France 2, Canal +,… Auteur de cinq essais, il se consacre aujourd’hui à l’étude des principes et systèmes de «l’Imaginal» en rapport avec l’épanouissement social et individuel par la spiritualité des traditions judéo-chrétiennes. Hébraïsant, il transmet un certain nombre de techniques reçues d’une famille de marranes. Ces techniques singulières de « gestualisation de l’hébreu biblique » s’apparentent à l’anthropologie du geste (Marcel Jousse), et en permettent un apprentissage méditatif puissant.
L’approche et la lecture des textes bibliques, aujourd’hui encore, reste souvent pratiquée sur un mode purement intellectuel. De petits groupes, souvent monastiques, travaillent en associant des temps de méditations à leur pratique exégétique. La technique la plus usitée aujourd’hui, dans les cercles chrétiens, est le lectio Divina, méthode héritée de la mystique juive du PaRdéS2, qui fut interprétée et adaptée par les pères de l’Église chrétienne et divers docteurs de la foi comme saint Benoît de Nursie, le patriarche des moines d’occident. Mais cela reste très en retrait au regard de ce que proposent de trésors les pratiques mystiques des chrétiens d’orient et surtout celles de la tradition hébraïques. Ces dernières disciplines et pratiques nécessitent de connaître un peu de l’hébreu sacré pour faire sens. Leurs sources principales et anciennes se trouvent dans une littérature imposante dite de la mystique du Char céleste (מְֶרכָָּבה / La Merkabah3) et du Palais (Sifrout ha-heikhalot / ספרות ההיכלות), développée dans le sillage du livre d’Ézéchiel. Cette littérature a été interprétée par de nombreux sages, tant juifs que chrétiens et musulmans. De ce fait, les techniques et disciplines fourmillent, des plus simples aux plus complexes, proposant une rencontre puissante avec la Source de toutes vies, par l’intercession du Saint Esprit ( רוח הקודש, ruach ha-kodesh ).
Dans le sillage de divers rabbins du XXe s. comme le rabbin Aryeh Kaplan4 et les compilation de textes comme celles de Marc Alain Ouaknin, ou encore les écrits retrouvés quasi-miraculeusement du rabbin du ghetto de Varsovie : Kalonymus Schapiro5 (1889-1943), les pratiques et mystiques de la traditions juives ont été révélées à un public plus large et des textes plus anciens ont été traduits et réédités. L’enrichissement culturel que chacun peut en tirer est donc de plus en plus accessible. Mais cela n’est réellement agissant que si l’on acquiert un peu d’hébreu biblique. Sans cela, le « cherchant » passera à côté de l’essentiel qui est cet aller retour permanent de l’intellectualité à la contemplation. Un aller retour qui ensemence, l’un et l’autre, l’intellectualité ramenant à la contemplation et inversement. Sans un peu d’hébreu biblique il est impossible d’accéder à ce qui fait le « sens » profond dans la rencontre vécue en contemplation. Utiliser de l’hébreu sans le comprendre, c’est s’exposer au risque de s’enfermer dans des pratiques qui s’apparentent à de l’occultisme ou à de l’idolâtrie.
Faut-il, aussi, que l’apprentissage de l’hébreu sacré ne soit pas seulement fait sur le « mode moderne » des enseignements universitaires, comme généralement pratiqué aujourd’hui. Ces derniers utilisent des méthodes pédagogiques sur le modèle des enseignements des autres langues vernaculaires. L’hébreu sacré n’est pas d’une nation. Il vise a édifier l’Israël mystique. C’est une langue vivante dédiée à la rencontre de Dieu… On ne doit pas pour autant opposer les méthodes (pédagogie traditionnelle mystique et pédagogie moderne), elles sont nécessairement complémentaires. Les sages d’Israël, et bien des docteurs de la foi chrétienne, ont mis l’accent sur le fait que les règles linguistiques de l’hébreu biblique sont les gardiennes de la bonne compréhension du message divin6. Néanmoins, l’enseignement moderne universitaire de l’hébreu biblique, ne déploie pas chez l’enseigné, outre la riche sémiologie du vocabulaire, cette relation à Dieu qui est intrinsèque à l’hébreu sacré et que met au travail les exercices des pratiques mystiques juives traditionnelles et notamment celles du PaRdéS évoquées plus haut. Pour découvrir ces exercices, le travail des voyelles hébraïques est un merveilleux portique, une merveilleuse première approche des puissantes techniques, ouvrant en cohérence à la théophanie judéo-chrétienne et tout particulièrement à la compréhension profonde des textes sacrés fondateurs de nos civilisations.
Il est à noter que la cabale a cristallisé les principales pratiques mystiques pour en proposer des techniques synthétiques, qui relèvent de disciplines particulièrement efficaces. Nous entrerons un peu plus dans le détail de cela plus loin. De même, notons que ces techniques cabalistiques influencèrent bon nombre de mystiques chrétiens catholiques dès la renaissance7. Ceci commence à être connu et accepté au-delà de quelques cercles de spécialistes. Les anathèmes lancés, sans discernement, contre ces techniques cabalistiques et pratiques traditionnelles juives furent trop longtemps l’œuvre d’ignorants ou de pseudo-savants, vrais fanatiques, soumis à cette peur irrationnelle de voir l’œuvre chrétienne délaissée au profit du judaïsme. En cette posture, ces censeurs démontrèrent surtout leur manque de foi et leurs lacunes. Par ailleurs, on ne peut que constater l’influence des techniques et des pratiques mystiques juives traditionnelles et antiques sur les pratiques du même ordre des « pères du désert » (IIIe et IVe siècles), sur la philocalie et l’hésychasme. Pour ne citer qu’un exemple, la technique du repliement sur le nombril, enseignée notamment par Syméon le nouveau théologien (né en 949, mort le 12 mars 1022), est directement en lien avec la « posture prophétique » (Tête entre les jambes) dite du prophète Élie pratiquée par les mystiques juifs et développée dans le Talmud8. N’oublions pas, enfin, que « l’appel du désert », œuvre de retrait du monde pour s’attacher à Dieu, mouvement d’être où l’on expérimente les pratiques et techniques mystiques en singularité et en partage avec ses pairs, est un thème absolument transversal et riche de partages millénaires pour les religions monothéistes.
De la vocalisation méditative à l’interprétation des textes :
La vocalisation des voyelles de l’hébreu biblique et les exercices qui peuvent en découler, font partie des disciplines traditionnelles de la mystique juive et de la cabale qui ouvrent, potentiellement, pour les hébraïsant, à une puissante compréhension des textes. Ces exercices peuvent être pratiqué avec bénéfice par les chrétiens. Par le chant des voyelles hébraïques, le corps est mis à contribution pour une juste invitation à recevoir les dons de ce que nos traditions judéo-chrétiennes nomment le Saint Esprit, en hébreu le ru’aḥ ha-qodesh (רוח הקודש). Ceci n’est pas sans rappeler, les neuf manières de la prière par le corps de saint Dominique9. La pratique de la vocalisation et le chant des voyelles hébraïques proposent diverses approches. La plus essentielle vise à faire résonner (vibrer) les voyelles (O, A, E/È/É, I, OU) en divers points du buste et de la tête. Sous l’influence d’Abraham ben Samuel Aboulafia (né en 1240 – mort probablement peu après 1291), le chant des voyelles fut associé à divers mouvements de tête10.
Pour comprendre la valeur mystagogique, philologique et traditionnelle des 5 principales voyelles de l’hébreu sacré, il est bon de retracer quelques éléments basiques de linguistique. Pour l’hébreu biblique, avant les massorètes11, les voyelles ne s’écrivait pas. Ce sont ces derniers qui instituèrent des signes pour que la prononciation hébraïque des textes bibliques puissent rester homogène dans l’ensemble de la diaspora. Les voyelles de l’hébreu, comme pour l’ensemble des langues dites sémitiques, pour la lecture devaient s’imaginer. Un exercice de décryptage du sens de chacun des mots, que l’on déduit du sens potentiel et plus général de la phrase. Il s’agit donc de penser l’invisible, par le visible. Les voyelles des langues sémitique, et plus particulièrement pour les textes sacrés des rouleaux de la Torah exposés dans les synagogues, ont toujours eu cette fonction imaginative du sens que l’on peut dire mystagogique, en lien avec l’invisible, le divin, qui réside au-delà de sa création. Avant les massorètes, l’apprentissage des voyelles passait principalement par un enseignement oral diffusé par les mères, pour leurs enfants. Les mères, souvent par des chants et des mélopées, visant à calmer leur enfant dès la vie intra-utérine, en étaient les premières initiatrices. Ces traditions12 qui ont longtemps survécus au Maghreb occidental restent, aujourd’hui encore, mal étudiées.
Les 22 consonnes de l’hébreu relèvent du visible et du temporel. Au regard de la cosmogonie hébraïque, si elles structurent notre univers, car étant à l’origine de la création, elles ne sont véritablement investies de sens et de puissance divine que par les voyelles qui, elles, relèvent du souffle divin (Esprit Saint) et donc de l’invisible. Le souffle divin donna naissance aux 22 lettres, par lesquelles l’univers fut créé. Le souffle divin qui s’exprime par les voyelles, met en ordre les 22 consonnes qui composent la création13. Les voyelles, invisibles, ineffables, éternelles, animent le visible dans le temporel, miroir dans lequel l’être humain peut percevoir son créateur. Les voyelles dans les langues sémitiques, ne s’écrivant pas, sont ce pont sonore, vibratoire et fluidique, révélant l’immatériel dans le matériel. Dans cette vision mystique, le son des voyelles est le structurant de la matière. Les voyelles sont les outils de la théophanie du langage. Elles ont la puissance de révéler le sens profond de chaque chose, rendant perceptible la présence divine qui y réside. Selon la cabale, ce sont les voyelles qui révèlent le nom de Dieu en chaque particule de la création. Pour ne prendre qu’un exemple, le verset 115 du Bahir14 dit : « Et le cercle15, que désigne-t-il ? Ce sont les points voyelles de la Torah de Moise qui ont tous une forme circulaire ; ils remplissent, dans les consonnes, une fonction semblable à celle de l’âme dans le corps humain, qui cesse de vivre aussitôt que l’âme le quitte et qui ne peut accomplir aucun acte, grand ou petit, sans que l’âme vibre en lui. Il en est de même en ce qui concerne la voyelle. On ne peut pas prononcer une parole quelconque, grande ou petite, sans avoir recours à la voyelle. » Cette théophanie et philologie des voyelles, inscrite aux racines de la linguistique de l’hébreu sacré, a été aussi fortement développée dans les textes du Zohar. Le premier à avoir transmis, par écrit, une pratique récitative mystique s’y rattachant est le Rabbi Abraham Aboulafia (déjà évoqué plus haut), principalement dans son texte : Lumière de l’intellect16, où, aux chapitres 27, 28 et 29, il propose diverses techniques pour faire « tourner » les voyelles sur les noms divins.
La science des voyelles et leur chant sur des gammes pentatonique, est aussi un bien commun du patrimoine universel des cultures du levant. Divers études anthropologiques modernes sur les théophanies des traditions monothéistes, ont mis en évidence des principes que l’on peut reconnaître dans la pratique mystiques du « chant » des voyelles sémitiques. Les pratiques vocaliques des anciens enseignements oraux des voyelles, à mon avis, relèvent de pratiques pédagogiques et initiatiques qui augmentent et complètent celles intégrées à la célèbre nomenclature de « l’Anthropologie du Geste » édifiée par le père jésuite et anthropologue, Marcel Jousse17. La récitation des voyelles, onomatopées non verbalisée, correspondant parfaitement aux pratiques du « mimisme18 » conceptualisées par l’anthropologue. L’inventaire précis de cela reste à faire.
Par ailleurs, on peut voir dans ces pratiques pédagogiques relevant de « l’Anthropologie du Geste », augmentées de celles des mystiques juives liées aux voyelles, un ressourcement judéo-chrétien possible de l’Imago Templi, concept principalement pensé à partir des pratiques soufis du Chi’isme Iranien par Henry Corbin19. Tropisme de Corbin pour l’Islam, qui ne permet pas aux cherchants construits sur des structurants culturels judéo-chrétien, d’accéder aux pratiques de leur propre mouvement civilisationnel. L’omission, notamment, des sources cabalistiques, ou leur sous-dimensionnement, dans le concept de l’Imaginal20 dont procède l’Imago Templi d’Henri Corbin, a suscité un débat scientifique significatif sur l’exhaustivité des éléments mystiques pris en compte. Rappelons que ce brillant esprit du XXe siècle, développa le concept d’Imaginal alors que beaucoup des éléments des traditions mystiques juives étaient mal connues en Europe et que dans les milieux universitaires français, on mettait sous le boisseau bien des éléments de la mystique chrétienne. Boisseaux qui commencent à être soulevé aujourd’hui et bien des trésors sont mis à disposition du plus grand nombre21.
Hors donc, traditionnellement, pour l’hébreu biblique et comme il se pratique encore aujourd’hui avec les rouleaux de la Torah utilisés rituellement dans les synagogues, mais aussi pour la lecture de l’hébreu moderne, les voyelles doivent être « imaginées », par le lecteur pour la compréhension et à fortiori pour la prononciation à haute voix des textes. Ce qui oblige, l’hébraïsant, à une gymnastique mentale constante. Cette gymnastique est d’autant plus aisée qu’elle est apprise dans l’enfance. C’est là où, la technique du chant des voyelles qui consiste à faire résonner les voyelles dans le corps, se révèle un excellent palliatif pour aborder l’hébreu biblique à l’âge adulte.
En guise de conclusion, il me semble intéressant de s’arrêter sur un des enseignements talmudiques qui met tout particulièrement l’accent sur le chant des voyelles, comme outil d’exploration du sens profond des textes. En l’occurence en s’attachant au verset III du chapitre I du Cantique des cantiques :
Les parfums sont suaves à respirer; une huile aromatique
qui se répand, tel est ton nom.
C’est pourquoi les jeunes filles t’aiment.
Dont le texte originel en hébreu est :
לְרֵיחַ שְׁמָנֶיךָ טוֹבִים, שֶׁמֶן תּוּרַק שְׁמֶךָ; עַל-כֵּן, עֲלָמוֹת אֲהֵבוּךָ
Le Talmud de Babylonne, dans son traité Avödah Zarah à XXXV/b, propose un exercice pratique d’interprétation de ce verset par le « Tserouf22 » des voyelles. En voici une traduction (les éléments entre parenthèses sont de mon fait pour faciliter la compréhension) :
Rav Nahman, fils de Rav Ḥisda, a proposé une lecture homilétique d’un verset : « Quelle est la signification de ce qui est écrit (C. des C. : 1:3) : Tes parfums sont suaves à respirer; une huile aromatique qui se répand, tel est ton nom. C’est pourquoi les jeunes filles t’aiment. Il s’agit d’une métaphore qui évoque un érudit de la Torah. À quoi est comparable un érudit de la Torah ? À un flacon de pélatine (huile précieuse aux propriétés sacrées). Lorsqu’il transmet ses connaissances, son parfum se diffuse ; lorsqu’il se retire du monde, son parfum ne se diffuse pas.
La Guémara (Étude parfaite) remarque : En outre, quand l’érudit de la Torah diffuse ses connaissances, les secrets qu’il ignorait lui sont révélés, il est dit : «Les jeunes filles (alamot/עֲלָמוֹת) t’aiment» (Cantique des Cantiques 1:3), et l’on peut lire, dans le verset, le mot alamot autrement (avec d’autres voyelles) et c’est alors : aloumoth (secrets). Ainsi le verset dit : Les secrets t’aiment. Et encore, on peut lire : (toi l’érudit de la Torah) l’ange de la mort t’aime. Car autrement lu (avec d’autres voyelles) le mot alamoth (Les jeunes filles), on peut lire al mavêt (עַל מָוֶת/ange de la mort23). Alors le verset dit : l’Ange de la mort t’aime. Et encore, on peut comprendre que l’érudit de la Torah hérite des deux mondes. L’un est le monde présent (temporel), et l’autre est le Monde à venir (éternel), car on peut prononcer : alamoth (Les jeunes filles) autrement (avec encore d’autres voyelles), ce qui donne olamoth (les Mondes) , on peut donc lire le verset ainsi : Les Mondes t’aiment.
Le Talmud en invitant à prononcer le mot Jeune filles (Hâlamoth / עֲלָמוֹת) avec d’autres voyelles que celles du textes massorétique, permet un approfondissement spirituel qui est objet d’un enseignement. Il est nécessaire que l’on s’y attarde pour prendre la mesure de la richesse de l’exercice du chant des voyelles qui est ici mis en action. La première déclinaison invite à lire Hâloumoth (עֲלוּמוֹת) en remplaçant le « a » de la consonne lamed (ל) par un « ou » en l’occurence écrit (וּ). On comprend donc que le savant des textes sacrés, lorsqu’il partage ses connaissances en découvre d’autres. Ceci est profondément exact, car lorsque l’on formule ce que l’on connait pour un autre que soi et que l’on fait donc l’effort de se faire comprendre de lui, on intègre ce que l’on perçoit de l’autre et inévitablement, plus que formuler, nous reformulons. Dans cet exercice de « reformulation » pour rendre les choses accessibles à l’autre, très souvent, quelque chose d’autre apparaît. Plus encore, ce qui est transmis, entendu profondément par l’autre, va produire chez ce dernier une compréhension à l’aune de sa propre singularité et donc ce qui est perçu, est encore plus que ce qui à été initialement dit. Dans cette perspective d’augmentation de compréhension des textes sacrés, par le partage, la permutation des voyelles suivantes trouve toute son explication. En augmentant notre compréhension de Dieu par le partage de la compréhension des textes sacrés, nous amplifions la présence de Dieu, nos âmes se dilatent d’immortalité. C’est ainsi que l’Ange de la mort24 nous aime, car s’amenuise en nous ce qui est mortel (l’ange de la mort = עַל מָוֶת/al môèt). Enfin dernière permutation, on met dans le mot Jeune filles soit Hâlamoth (עֲלָמוֹת), un « o » à la consonne Ayine (ע), à la place du « a » et l’on obtient : Holâmoth (עוֹלָמוֹת) ce qui permet de lire « les mondes t’aiment ». De fait, au sens biblique, en augmentant l’Immortel en notre être, notre gloire en Dieu augmente dans l’autre monde, celui de l’éternité. Par cela, nous réalisons notre mission terrestre. Réalisation de notre mission, en exerçant notre libre arbitre, ce qui est l’espoir placé en toute vie humaine terrestre par la miséricorde divine. Ainsi le monde temporel et le monde éternel nous aiment
A podcast by Félicie Rouvreau and Alan Drach
About a text written by Bruno Jacopé-Fouchereau:
Un WE animé par l’auteur, conférencier et poète : Bruno Jacopé-Fouchereau
Communauté chrétienne de NOTRE-DAME-DE-PÉPIOLE
1106, Chemin de Pépiole 83140 Six Fours les plages
Participez à 3 journées de pratiques méditatives autour des 22 lettres & du portique des voyelles.
Par tel : 06 48 55 54 79
Ou par courriel : bruno.fou32@gmail.com
Il s’agit d’expérimenter l’harmonie, la paix et la cohérence du plus grand que soi… Et de découvrir comment l’hébreu biblique fait surgir ces merveilles à la source de nos singularités. Cette expérience est accessible à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne. Aucune connaissance particulière de l’hébreu n’est nécessaire, mais cela peut-être un plus.
Nous avons la chance de pouvoir vivre ce WE d’initiation, dans trois maisons qui entourent la chapelle de Notre-Dame-de-Pépiole, un lieu de nature magnifique dont les origines remontent au VIe siècle. La chapelle, d’époque mérovingienne, est l’un des plus vieux monuments paléochrétiens de France.
Pour en savoir plus sur la pratique proposée :
https://lun-deux.fr/apprentissage-meditatif-de-lhebreu-biblique/
Pour découvrir la Chapelle où nous pratiquerons des exercices (cliquez sur l’image !) :
Le prix pour les enseignement est de 250 euros/pers pour le WE.
Un hébergement est proposé dans trois maisons jouxtant la chapelle de la communauté de Notre-Dame de Pépiole. La participation aux frais d’organisation, plus l’hébergement, l’accès au parc, à la chapelle, et la salle de travail pour les deux jours sera de 120 euros/pers.
A l’inscription le montant à verser par virement sera de 50% de la somme totale, soit : 185 euros. Cette somme restera acquise en cas de désistement. Le solde sera à régler à l’arrivée au stage. Vous recevrez un IBAN suite à votre prise de contact. N’oubliez pas de signifier dans l’ordre de virement « Réservation Initiation à l’Hébreu Sacré méditatif » ou « Réserv. IHSM »
Un échange téléphonique individuel, à l’inscription permettra de parfaire l’organisation, mais aussi de faire le point avec chacun pour que ce WE soit le plus en phase possible avec les singularités et attentes.
Vous êtes donc invité à envoyer un courriel pour signifier votre inscription :
bruno.fou32@gmail.com
ou directement par téléphone : 06 48 55 54 79
Nous préparerons nos repas collectivement avec ce que chacun aura apportés. Une cuisine parfaitement aménagée et dotée sera à notre disposition. Nous pourvoirons collectivement au dîner du vendredi soir, du petit déjeuner, déjeuner et dîner du samedi et du petit déjeuner et déjeuner + collation du dimanche. Soit 2 petits déjeuners, 2 déjeuners, 2 dîner. Les petits déjeuners seront largement pourvu par les organisateurs.
Selon la répartition dans les chambres, chacun devra se pourvoir, de ses linges de toilettes et draps.
Le groupe sera de 10 personnes maximum.
Nous pratiquerons le chant des 5 principales voyelles de l’hébreu, dans la plus pure tradition antique en rapport avec les 5 degrés de l’âme de la mystique hébraïque.
Nous ferons l’expérience de la visualisation du bouclier de David et de la posture prophétique (liée au Shema Israël et au prophète Élie).
Vous découvrirez aussi la puissance de la méditation des dix profondeurs. Une pratique contemplative, liée à l’Arbre Séphirotique de la tradition mystique juive. Mais aussi liée à certaines évocations des évangiles comme dans Éphésiens 3:18-19.
Ces techniques de « gestualisation de l’hébreu biblique » sourcées aux techniques mystiques juives, s’apparentent aussi à l’anthropologie du geste (Marcel Jousse-Pére Jésuite), de même à l’Hésychasme des chrétiens orthodoxes. Elles permettent un apprentissage méditatif puissant de l’hébreu biblique.
Some Keys and Proposals to Rediscover a Judeo-Christian Imaginal and Open to Research in the Footsteps of Marcel Jousse1.
The approach and reading of biblical texts, even today, often remain practiced in a purely intellectual mode. Small groups, frequently monastic, work by associating moments of meditation with their exegetical practice. The most commonly used technique today in Christian circles is the lectio Divina, a method inherited from the Jewish mystical tradition of PaRdéS2. This approach was interpreted and adapted by the fathers of the Christian Church and various doctors of the faith, such as Saint Benedict of Nursia, the patriarch of Western monks. However, this remains quite limited compared to the treasures offered by the mystical practices of Eastern Christians and, above all, those of the Hebrew tradition.
These latter disciplines and practices require some knowledge of sacred Hebrew to be meaningful. Their primary and ancient sources are found in an extensive body of literature known as the mysticism of the Celestial Chariot (Merkabah3 / מְֶרכָָּבה) and the Palace (Sifrout ha-Heikhalot / ספרות ההיכלות), developed in the wake of the Book of Ezekiel. This literature has been interpreted by numerous sages—Jewish, Christian, and Muslim alike. As a result, the techniques and disciplines abound, ranging from the simplest to the most complex, offering a powerful encounter with the Source of all life through the intercession of the Holy Spirit (ruach ha-kodesh / רוח הקודש).
In the footsteps of various 20th-century rabbis, such as Rabbi Aryeh Kaplan4, the compilations of texts by Marc Alain Ouaknin, and the miraculously rediscovered writings of Rabbi Kalonymus Schapiro5 (1889–1943) from the Warsaw Ghetto, the practices and mysticism of Jewish traditions have been revealed to a broader audience, with older texts translated and republished. The cultural enrichment that anyone can draw from this is thus increasingly accessible. However, this is only truly effective if one acquires some knowledge of biblical Hebrew. Without it, the « seeker » will miss the essential: the constant interplay between intellectuality and contemplation. This back-and-forth sows seeds, with each feeding the other—intellectuality leading back to contemplation, and vice versa. Without some biblical Hebrew, it is impossible to access the « deep meaning » encountered in lived contemplation. Using Hebrew without understanding it risks locking oneself into practices akin to occultism or idolatry.
Moreover, the learning of sacred Hebrew should not be undertaken solely in the « modern mode » of university teachings, as is generally practiced today. These rely on pedagogical methods modeled after the teaching of other vernacular languages. Sacred Hebrew is not the language of a nation; it aims to edify the mystical Israel. It is a living language dedicated to the encounter with God. That said, one should not oppose the methods—traditional mystical pedagogy and modern pedagogy—for they are necessarily complementary. The sages of Israel, along with many doctors of the Christian faith, have emphasized that the linguistic rules of biblical Hebrew safeguard the proper understanding of the divine message6. Nevertheless, the modern university teaching of biblical Hebrew, while rich in its semiological exploration of vocabulary, does not foster in the learner the relationship with God intrinsic to sacred Hebrew—a relationship brought to life through the exercises of traditional Jewish mystical practices, particularly those of the PaRdéS mentioned earlier. To explore these exercises, working with Hebrew vowels offers a marvelous gateway, a wonderful first approach to the powerful techniques that coherently open to the Judeo-Christian theophany and, in particular, to a profound understanding of the sacred texts foundational to our civilizations.
It is worth noting that Kabbalah has crystallized the main mystical practices into synthetic techniques, which are particularly effective disciplines. We will delve into this in greater detail later. Similarly, these Kabbalistic techniques influenced numerous Catholic Christian mystics from the Renaissance7 onward. This is beginning to be recognized and accepted beyond a few specialist circles. The indiscriminate anathemas launched against these Kabbalistic techniques and traditional Jewish practices were too often the work of ignorants or pseudo-scholars—true fanatics driven by an irrational fear of seeing Christian work abandoned in favor of Judaism. In this stance, these censors primarily demonstrated their lack of faith and their shortcomings.
Moreover, one cannot ignore the influence of ancient and traditional Jewish mystical techniques and practices on similar practices of the « Desert Fathers » (3rd and 4th centuries), the Philokalia, and hesychasm. For example, the technique of folding over the navel, taught notably by Symeon the New Theologian (born in 949, died March 12, 1022), is directly linked to the « prophetic posture » (head between the legs), known as that of the prophet Elijah, practiced by Jewish mystics and developed in the Talmud8. Finally, let us not forget that « the call of the desert »—a withdrawal from the world to attach oneself to God, a movement of being where one experiences mystical practices and techniques in singularity and in communion with peers—is an utterly transversal theme, rich with millennia of sharing across monotheistic religions.
From Meditative Vocalization to Text Interpretation
The vocalization of biblical Hebrew vowels and the exercises derived from them are part of the traditional disciplines of Jewish mysticism and Kabbalah. For those who speak Hebrew, these potentially open a powerful understanding of the texts. Christians, too, can practice these exercises with benefit. Through the chant of Hebrew vowels, the body is engaged in a proper invitation to receive the gifts of what our Judeo-Christian traditions call the Holy Spirit, in Hebrew ru’aḥ ha-qodesh (רוח הקודש). This is reminiscent of the nine ways of prayer through the body of Saint Dominic9. The practice of vocalization and the chant of Hebrew vowels offer various approaches. The most essential aims to make the vowels (O, A, E/È/É, I, OU) resonate (vibrate) at different points in the torso and head. Under the influence of Abraham ben Samuel Aboulafia (born in 1240, died probably shortly after 1291), the chant of vowels was associated with various head movements10
To understand the mystagogical, philological, and traditional value of the five main vowels of sacred Hebrew, it is helpful to review some basic linguistic elements. In biblical Hebrew, before the Masoretes, vowels were not written. It was the Masoretes who instituted signs to ensure that the pronunciation of biblical texts remained consistent throughout the diaspora. The vowels of Hebrew, like those of all so-called Semitic languages, had to be imagined for reading—an exercise in deciphering the meaning of each word, deduced from the potential and broader meaning of the sentence. It is thus about thinking the invisible through the visible. In Semitic languages, and particularly in the sacred texts of the Torah scrolls displayed in synagogues, vowels have always had this imaginative, mystagogical function, linked to the invisible—the divine—residing beyond creation.
Before the Masoretes10, the learning of vowels was primarily through oral teaching passed down by mothers to their children. Often through chants and melodies aimed at soothing their child from intrauterine life11, mothers were the first initiators. These traditions, which long survived in the Western Maghreb, remain poorly studied even today.
The 22 consonants of Hebrew belong to the visible and the temporal. In the perspective of Hebrew cosmogony, while they structure our universe as the origin of creation12, they are truly invested with meaning and divine power only through the vowels, which pertain to the divine breath (Holy Spirit) and thus to the invisible. The divine breath gave birth to the 22 letters, through which the universe was created. Expressed through the vowels, the divine breath orders the 22 consonants that compose creation. Vowels—invisible, ineffable, eternal—animate the visible within the temporal, serving as a mirror in which humankind can perceive its Creator.
In Semitic languages, vowels, being unwritten, form a sonorous, vibratory, and fluidic bridge, revealing the immaterial within the material. In this mystical vision, the sound of vowels structures matter. Vowels are the tools of the theophany of language, with the power to reveal the deep meaning of each thing, making perceptible the divine presence residing within it. According to Kabbalah, it is the vowels that reveal the name of God in every particle of creation. For example, verse 115 of the Bahir13 states:
"And the circle14, what does it designate? It is the vowel points of the Torah of Moses, all of which have a circular form; they fulfill, in the consonants, a function similar to that of the soul in the human body, which ceases to live as soon as the soul leaves it and which cannot accomplish any act, great or small, without the soul vibrating within it. It is the same with the vowel. One cannot pronounce any word, great or small, without resorting to the vowel."
This theophany and philology of vowels, rooted in the linguistics of sacred Hebrew, have also been extensively developed in the texts of the Zohar. The first to transmit a written mystical recitative practice related to this was Rabbi Abraham Aboulafia (mentioned earlier), primarily in his text Light of the Intellect15. In chapters 27, 28, and 29, he proposes various techniques to « rotate » the vowels on divine names.
The science of vowels and their chant on pentatonic scales is also a shared treasure of the universal heritage of Levantine cultures. Various modern anthropological studies on the theophanies of monotheistic traditions have highlighted principles recognizable in the mystical practice of chanting Semitic vowels. In my view, the vocal practices of ancient oral teachings of vowels belong to pedagogical and initiatory practices that enhance and complement those integrated into the renowned « Anthropology of Gesture » framework established by the Jesuit priest and anthropologist Marcel Jousse16. The recitation of vowels—unverbalized onomatopoeias—perfectly aligns with the « mimism17 » practices conceptualized by the anthropologist. A precise inventory of this remains to be done.
Furthermore, these pedagogical practices, part of the « Anthropology of Gesture » and enriched by Jewish mystical practices related to vowels, offer a potential Judeo-Christian resourcing of the Imago Templi, a concept primarily developed by Henry Corbin18 from the Sufi practices of Iranian Shiism. Corbin’s focus on Islam does not allow seekers rooted in Judeo-Christian cultural frameworks to access the practices of their own civilizational movement. The omission or underrepresentation of Kabbalistic sources in the concept of the Imaginal, from which Corbin’s Imago Templi emerges, has sparked significant scientific debate about the comprehensiveness of the mystical elements considered. It should be noted that this brilliant 20th-century thinker developed the concept of the Imaginal19 at a time when many elements of Jewish mystical traditions were poorly known in Europe, and in French academic circles, much of Christian mysticism was sidelined. These barriers are beginning to lift today, and many treasures are being made available to a wider audience20.
Traditionally, in biblical Hebrew—as still practiced today with the Torah scrolls used ritually in synagogues—and even in reading modern Hebrew, vowels must be « imagined » by the reader for comprehension and, especially, for aloud pronunciation of texts. This requires constant mental gymnastics from the Hebrew speaker, a process made easier when learned in childhood. Here, the technique of chanting vowels, which involves making them resonate in the body, proves an excellent aid for approaching biblical Hebrew as an adult.
Conclusion
In conclusion, it seems valuable to dwell on a Talmudic teaching that particularly emphasizes the chant of vowels as a tool for exploring the deep meaning of texts. Specifically, this concerns verse III of chapter I of the Song of Songs:
"Your perfumes are sweet to breathe; an aromatic oil that spreads, such is your name. That is why the young girls love you."
In Hebrew:
לְרֵיחַ שְׁמָנֶיךָ טוֹבִים, שֶׁמֶן תּוּרַק שְׁמֶךָ; עַל-כֵּן, עֲלָמוֹת אֲהֵבוּךָ
The Babylonian Talmud21, in its treatise Avodah Zarah at XXXV/b, proposes a practical exercise of interpretation of this verse through the « Tserouf » (permutation) of vowels. Here is a translation (elements in parentheses are my additions for clarity):
Rav Nahman, son of Rav Ḥisda, proposed a homiletic reading of a verse: "What is the meaning of what is written (Song of Songs 1:3): Your perfumes are sweet to breathe; an aromatic oil that spreads, such is your name. That is why the young girls love you. It is a metaphor evoking a scholar of the Torah. To what is a scholar of the Torah comparable? To a flask of pelatine (precious oil with sacred properties). When he transmits his knowledge, his perfume diffuses; when he withdraws from the world, his perfume does not diffuse.
The Gemara (Perfect Study) notes: Moreover, when the scholar of the Torah diffuses his knowledge, secrets he was unaware of are revealed to him. It is said: ‘The young girls (alamot / עֲלָמוֹת) love you’ (Song of Songs 1:3), and one can read the word alamot differently (with other vowels), yielding aloumoth (secrets). Thus, the verse says: Secrets love you. Furthermore, one can read: (you, the scholar of the Torah) the angel of death loves you. For if the word alamot (the young girls) is read differently (with other vowels), it becomes al mavêt (עַל מָוֶת / angel of death). Then the verse says: The angel of death loves you. Additionally, one can understand that the scholar of the Torah inherits both worlds—one is the present world (temporal), and the other is the World to Come (eternal)—for one can pronounce alamot (the young girls) differently (with yet other vowels), yielding olamoth (the worlds). Thus, the verse can be read: The worlds love you."
By inviting us to pronounce the word « young girls » (Hâlamoth / עֲלָמוֹת) with vowels different from those of the Masoretic text, the Talmud enables a spiritual deepening that serves as a teaching. It is worth pausing here to appreciate the richness of the vowel-chanting exercise at work.
First permutation: It suggests reading Hâloumoth (עֲלוּמוֹת) by replacing the "a" of the consonant lamed (ל) with an "ou" (written וּ). This implies that the scholar of sacred texts discovers new knowledge when sharing it. This is profoundly true: when we articulate what we know for someone else, striving to be understood, we integrate what we perceive from the other. Inevitably, we do more than formulate—we reformulate. In this act of reformulation to make things accessible, something new often emerges. Moreover, what is transmitted and deeply heard by the other produces an understanding shaped by their own uniqueness, surpassing what was initially said.
Second permutation: In this perspective of increasing understanding through sharing sacred texts, the subsequent vowel permutations find their full explanation. By enhancing our understanding of God through shared comprehension of sacred texts, we amplify God’s presence; our souls expand with immortality. This is how "the angel of death loves us," for what is mortal in us diminishes (al mavêt = עַל מָוֶת / angel of death).
Final permutation: We place an "o" on the consonant ayin (ע) in "young girls" (Hâlamoth / עֲלָמוֹת) instead of an "a," yielding Holâmoth (עוֹלָמוֹת), allowing us to read "the worlds love you." Indeed, in the biblical sense, by increasing the Immortal within us, our glory in God grows in the other world—that of eternity. Through this, we fulfill our earthly mission. By exercising our free will, we realize the hope placed in every human life by divine mercy. Thus, the temporal world and the eternal world love us.

Jeudi 10 avril 2025
Séance Découverte
17h30 – 20h30
Participation libre
Maison Saint Hilaire
36 boulevard Anatole France
86000 Poitiers
Info & réservation :
bruno.fou32@gmail.com
&
Tel : 06 48 55 54 79
Le groupe de Bibliodrame sera encadré par une psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste et un chrétien hébraïsant (voir la présentation des encadrants à la fin de cette page). Le groupe sera ouvert à tous et utilisera la bible en ses diverses et principales traditions. Chacun pourra venir avec sa bible, cependant, lors des séances sera à disposition (à minima) : la Bible juive dans son édition interlinéaire dite de la « Stuttgart » (éd. Alliance Biblique universelle), la Tob (éd. Biblio-cerf), la Second 21.
Le terme bibliodrame est composé de deux mots : Biblio = Bible, et Drama = action (grec). Le bibliodrame est donc une méthode qui permet de vivre la Bible en mettant en scène les récits et personnages bibliques. C’est une méthode active qui crée du lien entre le texte sacré et la vie de chacun.
Le bibliodrame permet de vivre personnellement et collectivement un court passage biblique. Le texte devenant acte, il invite chacun à se penser soi même en l’interprétant. Dans cette mise en mouvement, il produit la rencontre avec la parole de Dieu. Il s’adresse à l’être humain dans son entièreté, dans toutes ses dimensions : corporelle, spirituelle, psychique et sociale. Il peut être, aussi, un puissant outil pour le dialogue inter-religieux.
Ce qui est appelé communément « Bibliodrame », bien que sous des formes assez différentes, s’est lentement développé dans divers pays, principalement en Europe du Nord, tant dans les milieux catholiques que protestants. Divers groupes existent aussi dans les milieux juifs. Les premières expériences de ce type en milieu catholique se sont développées rapidement après le « Concile Vatican II ». Cette pratique est inspirée des pratiques thérapeutiques du « Psychodrame », une thérapeutique reconnue par les institutions médicales et hospitalière au niveau mondial et conçue par le psychiatre, psychosociologue et philosophe américain d’origine roumaine, Jacob Levy Moreno (1889-1974). Le Bibliodrame, par ailleurs, trouve ses racines les plus anciennes dans la méthode d’application des « 5 sens », recommandée par saint Bernard et saint Bonaventure. On peut aussi reconnaître la « Composition du Lieu » conçue par saint Ignace de Loyola dans ses Exercices spirituels. La « Composition du Lieu » vise à la contemplation de Dieu par des pratiques pouvant relever de l’art et notamment théâtral. On peut y voir aussi certaines analogies avec les recommandations de Maïmonide dans le « Traité des 8 chapitres » ou encore en diverses exercices de la mystique juive… Ou encore, de ce qui relève de l’ Anthropologie du Geste comme définie par le père Marcel Jousse (1886-1961). Les racines pluri-culturelles du Bibliodrame, permettent d’ouvrir cette pratique à toute personne ayant un intérêt pour la culture judéo-chrétienne.
Qui vous propose cette pratique ?
Florence Jacopé-Fouchereau née en 1971. Elle a une double licence : de sociologie et de psychologie. Elle est psychologue, psychothérapeute, psychodramatiste certifiée par l’IFREAP (Institut Français de Recherche et d’Application du Psychodrame). Son mémoire de certification porte sur la « concrétisation », c’est à dire le fait de rendre visible l’invisible, de montrer plutôt que de parler. Elle exerce en libéral à Melle (79) et anime des groupes de psychodrame réguliers. Ancienne directrice d’accueil collectif de mineurs, et famille d’accueil, elle a acquis une expertise en gestion et dynamique de groupe.
Bruno Jacopé-Fouchereau, né en 1963, poète, auteur, ancien grand reporter. Il étudia les grands mouvements religieux et leurs implications dans la géopolitique des grandes puissances. Collaborateur à Charlie-Hebdo, le Monde Diplomatique, Paris-Match, VSD, TF1, France 2, Canal +,… Auteur de cinq essais, il se consacre aujourd’hui à l’étude des principes et systèmes de «l’Imaginal» en rapport avec l’épanouissement social et individuel par la spiritualité des traditions judéo-chrétiennes. Hébraïsant, il transmet un certain nombre de techniques reçues d’une famille de marranes. Ces techniques singulières de « gestualisation de l’hébreu biblique » s’apparentent à l’anthropologie du geste (Marcel Jousse), et en permettent un apprentissage méditatif puissant.
Nous présentons ici un module basé sur une pratique régulière de trois heures tous les mois. Mais cette pratique peut-aussi être adaptée pour des journées entières, ou des week end. La question des rythmes et du mode des pratiques sera à définir avec le groupe de pratiquants
CADRE DE LA PRATIQUE :
Les séances sont ouvertes à toute personne ayant un intérêt pour les traditions judéo-chrétiennes et bibliques.
Le groupe cultivera activement la bienveillance envers les singularités pour libérer la parole et passer du « dit » au « dire ». Chacun pouvant ainsi renforcer et épanouir ce qui lui fait source.
Les temps de séances durent environ 3 heures (pratique)
Le groupe sera composé (outre les encadrants) de 10 participants maximum.
Il sera proposé une séance découverte (participation libre) qui débutera la saison de pratiques. La prochaine étant celle du 10 avril 2025 de 17h30-20h30 à la Maison Hilaire : 36 boulevard Anatole-France 86000 Poitiers
La participation financière individuelle aux séances (1 séance = trois heure) serait fixée à 45 € par personne et par séance. Ceci est à titre indicatif. Le module de pratiques s’adaptera, au mieux, au groupe. Une participation sociale sera proposée au cas par cas. Pour les demi-journées, des journées, ou des WE, les formules restent donc à étudier avec le groupe et les « lieux accueillants ».
DÉROULEMENT D’UNE SÉANCE (basique) :
Échauffement : Nous proposerons divers outils, respiration en trois temps, posture dite d’Élie (debout on se replie sur soit-même en expirant), accueil dans ses bras de l’enfant messie…
Le choix du texte se fera en fonction des propositions des participants. Ce choix pourra être accompagné par le « Dictionnaire des Noms Propres de la Bible » (Odelain et Séguineau éd. Cerf), mis à disposition lors des séances. Nous regarderons ensemble les versets bibliques retenus, puis nous en ferons une lecture. Nous réfléchirons et ferons alors un choix collectif d’une scène.
Il sera fait une nouvelle lecture du texte suivi d’un petit temps de méditation personnelle à partir des questions suivantes : qu’est ce qui vous touche dans cette scène ? Qu’est-ce qui capte votre intérêt ? Quels rôles vous semblent importants ?
Chacun choisit alors un personnage avec lequel il se sent une affinité dans la scène (le groupe, le cas échéant pourra être divisé en deux). Les encadrants veilleront à la juste participation de chacun, selon les élans et les désirs, et ceci au fil des séances. Il est important de comprendre que le rôle de témoin dans la scène est aussi agissant. Ainsi tout le groupe est debout et présent lorsque le passage biblique est joué.
Puis on passera à la mise en scène du texte choisi : installation spatiale, géographique de la scène et des personnages dans la salle. Nous pratiquerons l’Interview des personnages afin de permettre à tous de s’identifier à son rôle (cette pratique vient du Psychodrame). Enfin nous jouerons la scène.
Nous passerons alors à un temps de partage. Chacun raconte alors ce qui s’est passé pour lui, en tant que personnage (ou l’objet, ou le témoin…) incarné dans la scène.
Nous pratiquerons alors un temps dit de « dérolage » : Il s’agit d’une pratique typique du psychodrame où chacun quitte symboliquement son personnage, ceci pouvant se faire en mimant quelqu’un qui s’époussète du rôle qu’il vient de jouer. Ce « dérolage » permet de revenir pleinement à soi.
Nous reviendrons alors au verset joué. Chacun pourra exprimer ce que cela a fait bouger dans sa compréhension du texte et libre à chacun d’exprimer là où il a été touché personnellement par la scène.
À la fin de la séance, nous prendrons un moment de recueillement individuel, prière silencieuse. Il sera possible de partager aux autres ce qu’il a été mis, individuellement en prière.
Contact : bruno.fou32@gmail.com / Tel 06 48 55 54 79
« L’Union des souffles », le dernier livre de Bruno Jacopé-Fouchereau
Une parution aux Éditions Unicité, Collection Poètes francophones planétaires, sous la direction de Pablo Poblète.
Le livre peut-être commandé chez l’auteur (18 euros) qui vous dédicacera son livre. (sup. courrier suivi : 6,90€). Les livres peuvent être retirés chez l’auteur paiement sur place sur RdV : 06 48 55 54 79 .
VOICI UN LIEN POUR COMMANDER : https://www.paypal.com/ncp/payment/FY6BP8RMX4HRC

« L’UNION DES SOUFFLES » ou Le mystère hébraïque des Ailes de Mélusine…
Au centre du livre L’Union des Souffles vibre le mystère des ailes de la Fée Mélusine. Ce mystère se révèle à la lumière de son hébraïsation, racines de la chrétienté. Beaucoup de l’espoir surréaliste puisait là…
Pour découvrir ces merveilles promises, terre de tous les espoirs, Bruno Jacopé-Fouchereau nous entraine de Barcelone à Clisson en Bretagne, aux terres angevines berceau de Lancelot, puis de Jérusalem à Prague…
En ces Hauts-Lieux il « déposa » ses poèmes pour mieux entendre la source de toutes vies et interroger son Nom. L’Union des Souffles, avant d’être un recueil de poésies et de proses mystiques, est un témoignage concret d’une certaine pratique de l’Imaginal judéo-chrétien.
L’élan civilisateur d’Occident se morfond, ce type de pratiques peut être une fontaine de jouvence. Par cela nos racines se revitalisent, c’est notre seule chance d’échapper à la confusion, cause de toutes les violences… Mais tout doit se faire en rythmes et rendez-vous, en métaphorisations et créativités… En cela, la pierre de Jacob nous offre sa mémoire pour tisser de nouveaux cieux. La joie, l’authentique liberté, la sortie de l’esclavage, tout y est offert ! Ce recueil en est un manifeste. Rappelons-le, de Prague à Barcelone, en passant par les terres bretonnes, aux racines du Lupin poitevin, sans oublier Jérusalem, ce recueil invite aux-rendez-vous des merveilles, aux rythmes sacrés et pourtant séculiers, séculiers de tous temps. Rythmes sans lesquels notre présent est vain. Mélusine n’oubliait jamais son temps de Sabbath où elle plongeait en l’eau d’intelligence, mikvé purificatrice, bain de « surréalité », contemplation fluidique du non-manifesté, l’indicible, véritable structure du réel…
C’est ainsi, seulement et par ce rythme de retrouvailles, que la réalité commune se parle, que la cohérence se donne… Enfin la pierre trouve sa bouche et son langage est chant d’oiseau !
Bruno Jacopé-Fouchereau, né en 1963, s’affirme en un mouvement d’être inspiré des légendes du Poitou. Pour lui,Mélusine est une grande tante, et Gargantua un cousin bien-veillant. Poète, auteur, mythologiste, hébraïsant, ancien grand reporter et spécialiste des organisations criminelles, terroristes, sectaires et totalitaires. Il étudia les grands mouvements religieux et leurs implications dans la géopolitique des grandes puissances. Collaborateur à Charlie-Hebdo, Le Monde Diplomatique, Paris-Match, VSD, TF1, France 2, Canal +,… Auteur de cinq essais, il se consacre aujourd’hui à l’étude des principes et systèmes de « l’Imaginal » en rapport avec l’épanouissement social et individuel par la spiritualité des traditions et mythologies judéo-chrétiennes. Hébraïsant, iltransmet un certain nombre de techniques reçues d’une famille de Marranes installées enBretagne au XVIIIe siècle. Ces techniques singulières de « gestualisation » de l’hébreu biblique s’apparentent à l’anthropologie du geste (télécharger un PDF), un concept établit par Marcel Jousse. Ces techniques, ont aussi une forte analogie avec celles de l’Hésychasme. Elles permettent un apprentissage méditatif puissant.